mardi 18 avril 2017

1898. FRANCE (Anatole) - Au petit bonheur.


FRANCE (Anatole).

Au petit bonheur. Comédie en un acte. 1er juin 1898.

S.l., Pierre Dauze, 1898.

In-4° (204 x 265 mm.) demi-vélin à coins signée par le relieur Émile Carayon, tête dorée, couverture conservée, un portrait d'Anatole France gravé par Ladislas Loevy en frontispice, 4 ff. n. ch. + 85 planches de fac-similé du manuscrit, chemise en papier marbré, tirage limité à 50 exemplaires, exemplaire numéroté sur Van Gelder (n° 35), envoi d'Anatole France à son ami l'éditeur Édouard Pelletan, très bel exemplaire.

   Cette reproduction autographique du manuscrit d'Anatole France est l'édition originale de la pièce dont la première représentation eut lieu le 1er juin 1898, chez Madame Arman de Caillavet, avec comme comédiens : G. Arman de Caillavet, G. Picot, Robert de Flers et Georges Feydeau.
   Les éditions Calmann-Lévy, publièrent en 1906 la première édition destinée à être diffusée en librairie.







À propos du relieur :
   La notice de Julien Fléty nous apprend que Émile, Adolphe Carayon, né à Paris en 1843 « fut successivement militaire, peintre-décorateur, puis relieur vers la fin du XIXe siècle, son atelier était situé 10 rue de Nesles, à Paris ; c'est là qu'il œuvra de 1875 jusqu'à son décès, survenu le 26 janvier 1909, alors qu'il était âgé de soixante-cinq ans. La maladie l'immobilisait depuis de longues années déjà, mais il avait conservé toute sa force de production, et ses reliures impeccables de façon faisaient toujours l'admiration des connaisseurs dans les expositions. Ses cartonnages montrent quel parti un véritable artisan relieur peut tirer des matières les plus simples, les plus économiques. Il est vrai que les cartonnages de Carayon sont souvent ornés sur le dos ou sur les plats d'aquarelles originales signées Louis Morin, Henriot, Robaudi, Rudaux, etc. Mais même sans décor les couvertures de parchemin ou de vélin ou même de papier, toujours admirablement choisis, prenaient dans les mains de Carayon un aspect harmonieux. Après sa mort sa fille adoptive, Marie Brisson, formée par lui, continua ses cartonnages et fit en outre des papiers marbrés jusque dans les années qui suivirent la guerre 1914-1918. »


   On ne peut s'empêcher de citer dans son intégralité l'avis du bibliophile Octave Uzanne : « Vers 1875, parut à Paris un relieur de grand talent dans sa manière, M. Carayon, qui, rompant avec tout ce qui avait été fait dans le genre jusqu'alors, se fit véritable cartonnier d’art, et composa des maroquins du Levant à dos uni avec coin, d’un savoir-faire si complet qu’on les pourrait comparer, pour la façon dont ils sont traités, aux plus coquettes reliures pleines des maîtres. – Il ne reste plus rien de la Bradel ici, c’est bien le Cartonnage à la Carayon, un cartonnage joli comme une œuvre de maîtrise, souple, brillant, qu’on tient en main avec non moins de plaisir qu’on le regarde, et qui s’ouvre et se ferme comme l’œil d’une jolie femme amoureuse. – M. Carayon professe pour les livres qu’il cartonne autant de respect que de vénération ; c’est à peine s’il les effleure, il les conserve intacts, à l’état de brochure, avec la couverture, et le dos replié sur le titre ; ils ne sont pas grecqués, cela va sans dire, mais cousus sur rubans et complètement non rognés ; ils conservent, sous leur solide costume, l’aspect même qu’ils avaient au sortir de chez l’éditeur ; de plus, il emploie aussi peu de colle que possible, et tel ou tel de ses livres reliés s’ouvre sur table aussi aisément, au gré du lecteur, qu’un cahier d’études de collégien.
   M. Carayon fait le cartonnage demi-maroquin ou maroquin plein janséniste, en ne dorant que le titre et la date en queue ; mais il ne craint pas de s’écarter des bleus, des rouges et des lavallières classiques ; il sait trouver des maroquins roses, des nuances saumon, des rouges pompéiens, des jaunes vieil or, des « orange cuivré », des verts mourants et des « fraise écrasée » d'une exquise apparence ; les rayons qui reçoivent ses livres n'ont pas l'aspect morne de la plupart des bibliothèques des anciens amateurs ; ils sont pimpants, vifs et radieux.
   En dehors des maroquins, M. Carayon excelle encore dans les cartonnages de toile avec coins et papiers assortis sur les plats ; il s'efforce encore de mettre en vogue des fines reliures en vélin blanc, sur le dos et les plats desquels des artistes en renom peignent à l'aquarelle de précieuses compositions, rappelant le sujet principal du volume ou faisant l'allégorie du livre ; il s'évertue également à exécuter, suivant les conseils des amateurs distingués, toutes les fantaisies imaginables qui présentent une note d'art nouvelle, et il emploie la soie, l'étoffe, le papier du Japon, les cuirs les plus variés, avec la meilleure grâce du monde, sans demander à la bourse de ses clients de s'ouvrir aussi largement que ses délicieux volumes.
   Le succès des cartonnages à la Carayon ayant été très grand parmi les bibliophiles qui fréquentent la librairie Conquet, c'est-à-dire chez le grand nombre, la plupart des relieurs se sont mis à imiter ce genre ; mais en dépit de la première apparence, bien peu ont réussi, car ils ont maltraité les livres qu'on ne craignait point de leur livrer, en les grecquant ou les cousant sur ficelles, sans comprendre le véritable but de leur travail. »


Bibliographie :
   - Uzanne (Octave), La reliure moderne artistique et fantaisiste, pp. 255-258.
   - Fléty (Julien), Dictionnaire des relieurs français ayant exercé de 1800 à nos jours, p. 38.



450 euros (code de commande : 25415).



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