mercredi 13 décembre 2017

1952. APOLLINAIRE (Guillaume) — Le Guetteur mélancolique.


APOLLINAIRE (Guillaume).

Le Guetteur mélancolique. 

Préface d'André Salmon.
Frontispice de Picasso.

Poèmes inédits.

Paris, Gallimard, 1952.

In-12 sous cartonnage illustré d'après la maquette de Paul Bonet, Rhodoïd, 149 p., exemplaire numéroté sur vélin Labeur (n° 1019), en très bel état.



90 euros (code de commande : 22999).


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mercredi 6 décembre 2017

1937. DUMONT (Fernand) - À ciel ouvert.


DUMONT (Fernand, pseudonyme de Fernand Demoustier).

À ciel ouvert. Poèmes.

La Louvière, Édition des Cahiers de Rupture, 1937.

In-8° broché, 62 p.

Édition originale imprimée à cent exemplaires numérotés (n° 75), rousseurs, très rare.

Analyse de René Poupart :
   Ces poèmes constituent, avec La notion de famille (1935), les textes les plus spécifiquement surréalistes qu'ait écrits Fernand Dumont. Surréalistes par l'emploi de « l'écriture automatique ». Admirateur et disciple de Breton, Dumont se devait d'utiliser ce procédé. La notion de famille, texte écrit en 1935 (publication posthume en 1961), avec sa succession audacieusement extravagante d'images, est ce qui coïncide le mieux à l'« automatisme psychique » préconisé par Breton. L'expérience que représente À ciel ouvert est, elle aussi, intéressante. Il s'agit d'une suite de trente et une pièces composée, dès le premier janvier 1937, à raison d'un poème par jour. Comme d'autres écrits de Dumont (La région du cœur), ces poèmes sont autobiographiques : Dumont assignait aux Surréalistes le devoir de relier intimement leur poésie aux événements de leur propre existence. Ainsi les trente et un poèmes sont-ils l'exutoire d'un amour passionné – celui que Dumont éprouve pour celle qui deviendra sa seconde épouse – que le mensonge social l'oblige à dissimuler. Certains détails du poème nous permettent d'ailleurs d'identifier l'inspiratrice de ces poèmes avec la Nébuleuse de La région du cœur : « Et dans l'obscurité / je n'ai plus rien vu d'autre / que ton visage / phosphorescent comme une immense nébuleuse. »
   En somme, l'« automatisme » de l'écriture poétique tient principalement à cette dictée quotidienne des sentiments, qui fait que les vers donnent une impression d'authentique spontanéité. En surréaliste conséquent, Dumont est soucieux de créer des images nouvelles, des associations inattendues mais dotées d'un étonnant pouvoir de suggestion poétique (« par la fenêtre béante des insomnies », / « on écoutera tomber le grésil d'une petite montre »). La femme aimée absente et vers qui le poète aspire de toutes ses fibres, est assimilée à la lumière, symbole du plus haut idéal. Le mot « lumière » est récurrent dans presque toutes les pièces, avec d'autres termes relevant du même champ sémantique (« étoile, nébuleuse, lune ») ou qui lui sont connotativement associés (« aube », par exemple). Autre thématique majeure dans ces poèmes, comme dans toute l'œuvre de Dumont, celle du « silence » (« nous refermerons les fenêtres du silence »), un silence d'une qualité particulière dispensant de tout recours au langage.
   Il faut rattacher à ces trente et un poèmes, une pièce unique et superbe écrite en 1940 et publiée en 1948, La grande nocturne. Ce sont douze strophes brèves de longueur inégale évoquant l'apparition dans la nuit d'un être féminin indéfinissable mais lumineux et comme surnaturel. C'est peut-être la représentation symbolique de la poésie idéale, celle de l'ineffable, cet ineffable qu'exprime sans doute le mot unique de la strophe finale : « silence ».
   Les dernières poésies de Dumont, réunies en 1948 sous le titre La liberté, furent écrites à la prison de Mons en juin 1942. Neuf pièces poignantes dans leur simplicité et qui, par une étonnante coïncidence, furent composées la même année où un autre surréaliste de même orientation idéologique, Paul Eluard, publiait son célèbre poème Liberté. Rencontre révélatrice de deux hautes consciences et de deux sensibilités poétiques aiguës qui ont quelquefois trouvé des formules presque identiques pour parler de la liberté, comme en témoigne le début du poème III de La liberté : « Dans le carré du ciel / qui me reste pour rêver / je vois un doigt de feu calligraphier son nom. »


Bibliographie :
   - Poupart (René), À ciel ouvert, recueil de poèmes de Fernand Dumont, dans Lettres française de Belgique. Dictionnaire des œuvres. II. La poésie, pp. 16-17.



250 euros (code de commande : 26246).


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mardi 5 décembre 2017

1920. HUYSMANS - À rebours, illustré par Leroux


HUYSMANS (Joris-Karl).

À rebours.

Illustrations de Auguste Leroux gravées à l'eau-forte par E. Decisy, sur bois par Clément.

Paris, Ferroud, 1920.

In-8° plein chagrin fauve, dos à cinq nerfs orné de fers dorés, filet doré sur les coupes, contreplats de moire brune encadrés de roulettes et filets dorés, gardes de moire brune, tête dorée, couverture conservée, reliure partiellement passée, XVII, 218 p., 18 gravures hors texte en deux états et nombreuses vignettes dans le texte.

Un des cent exemplaires numérotés sur Japon impérial contenant deux états des eaux-fortes dont un état avec remarques.

Extrait du Dictionnaire des œuvres :
   Roman le plus significatif de Joris-Karl Huysmans (1848-1807), paru en 1884. Il appartient à la « deuxième manière » de cet écrivain, c'est-à-dire à la période symboliste. L'auteur a créé, ici, une figure très représentative et devenue presque proverbiale, celle du noble Des Esseintes. C'est le dernier descendant d'une famille illustre, de sang appauvri et de nerfs ultra-sensibles, voué dès le premier âge aux arts ou plus exactement aux délectations esthétiques. Ce héros a d'abord cherché en vain à satisfaire son inquiétude intérieure dans le vice et le désordre ; à présent il veut s'éloigner de la vulgarité de la vie réelle qui n'a plus aucun attrait pour son scepticisme. Il se crée en province un monde répondant à ses goûts, une maison où le moindre détail révèle sa haine de la banalité, et accuse son goût pour une esthétique décadente des plus raffinées. On y voit les murs décorés d'étoffes rares aux couleurs exquisement nuancées, des parements ecclésiastiques, des meubles épousant les formes les plus caractéristiques d'une époque. À cela s'ajoutent un effort paradoxal de simplicité (sa chambre, malgré un soin exceptionnel dans chaque détail, affiche une nudité monacale) et une tendance marquée a l'artificiel. L'idée de Des Esseintes est en effet que le propre de la civilisation consiste à s'éloigner toujours de la nature, à rechercher par tous les moyens des stimulants artificiels et des sensations toujours plus raffinées, à vivre dans un monde parfaitement réel et sensible, mais créé de toutes pièces par l'artifice humain. Ainsi sa bibliothèque fait une large part aux écrivains de la décadence latine, Pétrone et Apulée avant tout, aux mystiques de toutes les époques et particulièrement aux poètes de la dernière génération, du grand maître Baudelaire à Verlaine et à Mallarmé. Les arts plastiques n'ont pas une grande part chez lui, parce qu'ils sont, à quelques exceptions près, encore trop réalistes. Des Esseintes préfère et crée des arts nouveaux qui violentent plus audacieusement la nature et s'adressent directement aux sens. Ainsi, il remplit sa serre de fleurs rares et monstrueuses, obtenues à l'aide d'étranges croisements. De plus, avec « l'organe des liqueurs », il compose, pour son palais, d'exquises symphonies : de même, il mélange et combine odeurs et parfums. Dans cette ambiance extravagante et paradoxale, Des Esseintes reconstitue tout d'abord, comme dans un rêve, ses propres expériences de la vie réelle (notamment une série d'amours perverses). Puis il devient la proie de véritables cauchemars. Enfin sa santé n'y tient plus, et il est victime d'une épouvantable forme de névrose, dont les médecins le délivrent à grand peine. Pour Des Esseintes, il n'y a pas d'issue. Son spiritualisme sensuel l'entraînerait à la folie et à l'anéantissement ; pour vivre, il faudrait se retremper dans la vulgarité atroce de la vie. La seule issue pourrait se trouver dans la Foi.
   « Après un tel livre, il ne reste plus à l'auteur qu'à se tirer un coup de revolver ou à se jeter au pied de la Croix », a écrit Barbey d'Aurevilly dans un de ses articles. Huysmans lui donna raison et se convertit peu après. Ce livre doit son charme à la vigueur aiguë de l'analyse, d'une expérience si fantastique, menée avec un style rigoureusement précis et expressément critique. Il est surtout intéressant comme document : c'est presque un répertoire systématique de toutes ces formes mentales et de ces modes artistiques que l'on désigna sous le nom de « Décadence ».


Bibliographie :
   - Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres, t. I, p. 239.





Vendu.


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lundi 4 décembre 2017

1932. TILLIER (Claude) - Mon Oncle Benjamin.


TILLIER (Claude)

Mon Oncle Benjamin.

Illustrations de Roméo Dumoulin.

Bruxelles, Éditions du Nord, 1932.

In-8° broché, 288 p., 60 illustrations en couleurs (1 vignette, 21 grandes lettrines, 14 culs-de-lampe, 22 à pleine page et deux illustrations de couverture), (collection « Les Gloires Littéraires », n° 15), exemplaire numéroté sur vélin Allura (n° 208).

Extrait du Dictionnaire des œuvres :
   Ce roman humoristique de Claude Tillier (1801-1844), paru en 1843, est le récit savoureux des faits et gestes d'un pittoresque personnage qui nous est présenté comme le grand oncle de l'auteur, frère de sa grand'mère l'excellent Benjamin Rathery. L'oncle Benjamin, docteur en médecine, incorrigible bon vivant, professe et met en pratique une aimable philosophie épicurienne, considérant avec une indulgence sereine le train du monde, du haut de sa gigantesque personne. Les entreprises burlesques de cette mauvaise tète au cœur d'or, ses discours spirituels, semés de paradoxes étincelants, ses aventures pittoresques forment la véritable matière du roman, dont l'intrigue est des plus minces. Au cours d'une vie si joyeusement menée, le bon Benjamin a contracté de nombreuses dettes ; aussi sa sœur songe-t-elle à le tirer d'affaire en lui cherchant une épouse. Son choix tombe sur la fille de M. Minxit, un riche médecin des environs. Benjamin finit par consentir à ce projet, mais chaque fois qu'il se met en route pour aller visiter les Minxit, il trouve toujours sur son chemin des obstacles qui l'empêchent de parvenir jusqu'à leur maison. C'est ainsi qu'un jour, parti avec sa sœur qui veut le conduire à bon port, il est surpris par un orage et doit chercher avec elle un abri dans l'auberge de la belle Manette, son amie : il rassemble la population sur la place du village en se faisant passer pour le Juif errant, accomplit un miracle, et revient glorieusement dans sa ville, en compagnie de sa sœur qui ne peut s'empêcher d'être fière de lui. Une autre fois, le juge de paix auprès duquel il est cité pour dettes le condamne à la prison, malgré une défense aussi brillante qu'impertinente, trop heureux de châtier en lui un représentant de ces dangereuses idées d'égalité et de justice qui commençaient alors a se répandre dans la France de Louis XV. Parvenu enfin à la demeure du docteur Minxit, Benjamin fait aussitôt la conquête de son futur beau-père qui est un homme de sa trempe, mais ne réussit pas à se faire aimer de la fille, déjà courtisée par un noble, M. de Pont-Cassé, que, d'ailleurs, elle n'aime pas. Par amitié pour le vieux médecin, il s'obstine dans sa cour au point de se battre en duel avec son noble rival. Mais tout est inutile : la fille de Minxit s'enfuit une nuit avec Pont-Cassé et meurt avec lui dans un accident tragique. Benjamin cherche en vain à consoler le malheureux père, qui suit sa fille dans la tombe quelques mois plus tard, faisant du jeune homme l'héritier de sa fortune. Le livre est une sorte de roman picaresque fort réussi, qui se rattache directement à la tradition du XVIIIe siècle, tant par les évidentes intentions de satire sociale que par les inventions plaisantes et le souriant épicurisme qui l'anime de page en page. Avec son style simple et bon enfant, ses digressions complaisantes, sa frivolité savoureuse, Tillier, en plein romantisme, fait figure d'attardé ; mais cela n'enlève rien au charme et à la vivacité de ce roman qui apparaît aujourd'hui encore comme un petit chef-d'œuvre d'humour.


Bibliographie :

   - Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres, t. IV, p. 618.

Suivez le lien pour découvrir toutes les illustrations de Roméo Dumoulin : Mon oncle Benjamin


Vendu.


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dimanche 3 décembre 2017

1964. Album Hugo.


Album Hugo.

Iconographie réunie et commentée par Martine Ecalle et Violaine Lumbroso.

Paris, Gallimard, 1964.

In-8° sous reliure, jaquette (au nom de la librairie Jean Bonnel, à Maubeuge) et Rhodoïd d'éditeur, [10], 330, [20] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 3), exemplaire en bel état.

Extrait de l'avertissement :
   
Ce troisième Album de la bibliothèque de la Pléiade suit la voie tracée par Jean-A. Ducourneau et continuée par Henri Mitterand et Jean Vidal. Après Balzac et Zola, introduire Victor Hugo dans une collection iconographique était opportun à un moment où le recul permet, dans des perspectives nouvelles, l'examen d'une œuvre immense étalée sur presque tout le XIXe siècle. La succession des images fait songer à un film ou, mieux, à une « exposition de poche » dans laquelle les documents de vitrine que sont manuscrits, éditions originales ou lettres, auraient été complétés par la peinture et par l'estampe.
   Les trois grandes étapes de la vie du poète, délimitées par lui-même, Avant l'exil, Pendant l'exil, Depuis l'exil, sont d'abord jalonnées par de nombreux portraits de lui, de sa famille, de son entourage : peintures, dessins, lithographies d'une belle qualité pendant la première moitié du siècle, mais auxquels nous avons préféré ensuite des images prises sur le vif, quand Charles Hugo et Auguste Vacquerie se passionnaient pour ce nouveau procédé : la photographie, images plus émouvantes et moins connues que les clichés des photographes professionnels.
   Parmi les événements historiques du siècle nous avons dû nous limiter à ceux qui concernent directement Hugo et ce sont, très vite, les événements importants, pour un poète qui s'était voulu attentif à son temps.
   Autant que faire se peut nous avons donné un visage à tous ceux, écrivains et artistes, qui ont tenu une place dans la vie de Hugo. Ses demeures parisiennes qui subsistent encore, nous les avons recherchées et les plus intéressantes ont été photographiées. Des estampes donnent une idée de celles qui ont disparu et quelquefois de leur décor.
   La beauté du graphisme des manuscrits nous a souvent conduites à donner au lecteur, avec leur reproduction, ce contact privilégié avec l'œuvre.
   Mais c'est volontairement que nous avons résisté à la tentation de multiplier les dessins de Hugo. En dehors des croquis de voyage et de quelques illustrations d'œuvres qui s'imposaient, nous ne faisons que quelques allusions à la partie imaginaire et proprement créatrice de son œuvre dessiné.
   De même que le manuscrit et le dessin mettent le lecteur en contact avec l'œuvre dans son jaillissement, la correspondance, les mémoires, les témoignages des contemporains font revivre l'événement ; nous y avons eu recours le plus souvent possible comme nous avons fréquemment laissé la parole à ce témoin de choix que fut Mme Victor Hugo dans son irremplaçable Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, surtout à propos de la jeunesse du poète.
   Notre tâche s'est trouvée singulièrement facilitée par nos travaux quotidiens dans la maison qu'habita Victor Hugo, place des Vosges, consacrée depuis plus de soixante ans par la Ville de Paris au souvenir du poète [...]. Il nous était aisé de faire un choix parmi les collections réunies par Paul Meurice et accrues par nos prédécesseurs : MM. Raymond Escholier et Jean Sergent.
   Les enrichissements considérables apportés par les généreuses et récentes donations des descendants de Victor Hugo, et particulièrement MM. Jean et François Hugo et Mlle Marguerite Hugo, nous ont fourni de nombreux documents souvent inédits.
   Déjà grâce au don magnifique qu'ils avaient fait à la Ville de Paris en 1927 de la maison d'exil de Guernesey, il nous était facile d'évoquer et de faire revivre pour nos lecteurs une période exceptionnellement féconde de la vie du poète.
   Les catalogues documentés des expositions successives organisées ces dernières années place des Vosges par M. Jean Sergent, déjà utiles aux spécialistes par les nombreux documents inédits qu'ils présentent, ont souvent orienté et facilité nos recherches.
   Mais nos démarches personnelles pour essayer de renouveler une iconographie parfois trop connue ont abouti à des découvertes dont nous sommes heureuses d'offrir la primeur au lecteur.



180 euros (code de commande : 24112).




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samedi 2 décembre 2017

1951. MALVA (constant) - Le Jambot.


MALVA (Constant, pseudonyme d'Alphonse Bourlard).

Le Jambot.

Bruxelles, Éditions du Frêne, 1951.

In-8° broché, 126 p.

Édition originale avec une dédicace de l'auteur, exemplaire en bel état.

Extrait de l'article de Paul Aron :
   Après la guerre, son œuvre la plus ambitieuse est Le Jambot, le seul véritable roman de Malva. Son intention était d'écrire un « Tristan et Yseult » borain. Ce texte, qui offre la caractéristique d'incorporer de nombreux termes wallons, abandonnant ainsi la prose très neutre qui était celle des œuvres précédentes, s'inscrit donc dans la veine du roman régionaliste.


Bibliographie :
   - Aron (Paul), Littérature prolétarienne: le détour par la Belgique. Constant Malva, dans Le roman social. Littérature, histoire et mouvement ouvrier, p 124.





Vendu.


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vendredi 1 décembre 2017

1702. Plan de Charleroy (siège de 1693).


Plan de Charleroy. Avec les attaques commencées 1e 16 Septembre 1693 et poussees jusqu'au... d'Octobre de la même Année que la Place se rendit.

Gravure collée sur une feuille de papier fort, rare.

  Carte extraite de Les Forces de l'Europe, Asie, Afrique et Amerique, ou description des principales villes, avec leurs fortifications : Dessignées par les meilleurs ingenieurs, particulierement celles qui sont sous la domination de la France, dont les plans ont esté levez par Monsieur de Vauban, avec la description de tous les instrumens servans à la fortification, à l'attaque & deffense des places, ensemble ceux qui servent pour l'artillerie, des magasins ; la maniere de dresser un camp devant une ville assiegée, &c. Et ornées de plusieurs superbes edifices. Necessaire pour toutes sortes de personnes, publié à Amsterdam, chez Pierre Mortier, vers 1702. La plupart des gravures contenues dans ce recueil sont des copies de celles publiées dans les recueils Les forces de l'Europe et Le théâtre de la guerre que Nicolas de Fer fit éditer à Paris en 1693-1697.

Dimensions :
   - Image : 286 x 234 mm.
   - Cuvette : 294 x 239 mm.
   - Feuille : 341 x 289 mm.
   - Collé sur une feuille de 425 x 360 mm.


Relation du siège de 1693 par Jean Godet :
    Vainqueur à Neerwinden le 29 juillet 1693, le maréchal duc de Luxembourg, se présente devant Charleroi le 10 septembre suivant. Placés sous les ordres du marquis del Castillo de Villadurias, 4.500 Espagnols vont défendre la place.
   Les troupes françaises d'investissement sont fortes de 30 bataillons et de 32 escadrons dont Messieurs de Guiscard et de Ximénès, principaux sous-ordres du maréchal, se partagent le commandement. À l'illustre Vauban est confiée la direction des travaux du siège. Le 15 septembre, les assiégeants ouvrent la tranchée.
   Sous les hauteurs de la Garenne, les Espagnols occupent deux postes fortifiés. Dès la prise de ces postes par les Gardes françaises, les pionniers commencent à creuser deux attaques. Ces tranchées en zig-zag doivent se rejoindre « contre la partie de la place » devant laquelle se trouve un étang qui couvre en partie la ville. Tirant leur nom du côté d'où elles viennent, l'une des attaques est dite de Dampremy, l'autre de la Garenne.
   Le 16, alors que les assiégés font une sortie, cinquante carabiniers et trois compagnies de grenadiers français « prennent l'épouvante ». Il faut qu'avec d'autres troupes interviennent Messieurs de Vigny et de Sainte-Hermine pour que les Espagnols se replient et rentrent dans la ville.
   Arrivée de Mons, ou par eau de Maubeuge et Namur, l'artillerie du siège compte 210 bouches à feu, canons ou mortiers. Parmi les canons – il y en a 149 – on en dénombre 12 de « nouvelle invention ». Le 17, le feu de quelques pièces prélude au bombardement intensif de la place.
   Le 24, sur l'ordre de Monsieur de Pontis, capitaine des Vaisseaux du Roi, six petits chalands « ramassés sur la Sambre » et amenés par chariot sont mis à l'eau « à la queue de l'étang ». Des soldats s'activent à les transformer en radeaux. Ils les attachent deux par deux, côte à côte, et terminent l'opération en posant sur chaque couple une plate-forme en planches. Commandés par deux capitaines des galiotes, 20 hommes embarquent sur chacun des radeaux. Soutenue par le tir de deux petites batteries d'artillerie et par celui de 300 fusiliers postés sur la rive, la flottille, propulsée à la rame, vogue hardiment vers la redoute de l'étang.
   Ayant perdu 33 des leurs depuis le début du siège, les défenseurs du poste lacustre ne sont plus que 17. Complètement découragés en voyant s'avancer vers eux « l'escadre ennemie », ils ne tirent même pas quelques coups de feu pour sauver l'honneur mais hissent en hâte le drapeau blanc.
   Le 26 septembre « vers les deux heures du soir », l'artillerie française tire 5 salves de 14 petites bombes. À ce signal, huit compagnies de grenadiers sortent des tranchées et marchent en silence à l'attaque de la redoute de Dampremy. Bondissant dans le chemin couvert, les assaillants trouvent les défenseurs « sur le ventre ». Sans s'attarder à faire des prisonniers, les grenadiers s'élancent à l'assaut de la redoute qu'ils emportent au cri de « Vive le Roi ».
   Après la prise de la redoute de Dampremy, Monsieur de Vauban fait activer les travaux d'approche. On lit dans l'Histoire militaire de Flandre, que dans l'après-midi du 4 octobre « on voulut se faire un passage sur le bord de l'étang afin que les deux attaques puissent se communiquer ». Douze compagnies de grenadiers français délogent un détachement espagnol retranché derrière de petits parapets, mais les vainqueurs sont eux-mêmes attaqués par d'autres Espagnols sortis d'un ouvrage à corne. Après avoir déchargé leur mousquet et fait exploser trois mines sous les pieds de l'ennemi, les assiégés se replient quelque peu en désordre.
   Plusieurs brèches ayant été faites dans les défenses de la place et l'artillerie ennemie se préparant à les agrandir, les assiégés capitulèrent le 11 octobre. Réduite à 1.500 hommes, la garnison obtint les honneurs de la guerre. Avec quatre canons et un mortier, elle sortit le 13 de la forteresse.
   Pour assiéger Charleroi, les Français avaient une dotation de 96.921 boulets, dont 66.814 furent lancés sur la place. En outre, sur une réserve de 16.919 bombes et 19.000 grenades, ils en utilisèrent respectivement 11.389 et 6.000.
   Grâce à l'extraordinaire énergie du marquis del Castello de Villadurias, les Espagnols firent des prodiges de valeur ; il n'y eut que de rares défaillances. Le colonel Sir James Carmichael-Smyth (9) écrit d'ailleurs que « la défense fut très belle et très remarquable ».
   Après le départ de la garnison vaincue, trois bataillons français prirent possession de Charleroi. C'est aussi dans cette localité ruinée que s'installa le duc de Villeroi chargé de faire boucher les brèches et combler les tranchées.


Bibliographie :
   - Godet (Jean), Hainaut, terre de batailles, t. I, pp. 134-136.


80 euros (code de commande : 26180).


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mercredi 29 novembre 2017

1853. VIEL-CASTEL (Horace) - Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit.


VIEL-CASTEL (Horace).

Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit au Droit désir ou du Nœud institué à Naples en 1352 par Louis d'Anjou, premier du nom roi de Jérusalem, de Naples et de Sicile conservé au Louvre dans le Musée des Souverains français avec une notice sur la peinture des miniatures et la description du manuscrit par M. le comte Horace de Viel-castel conservateur du Musée des souverains français au Musée impérial du Louvre.

Paris, Engelmann et Graf, 1853.
[Paris / Engelmann et Graf, Imprimeurs-lithographes / rue de l'Abbaye-Saint-Germain, 12 / M DCCC LIII]

In-folio (315 x 435 mm.) plein chagrin rouge, dos à cinq nerfs orné de filets dorés, filets dorés encadrant les plats, roulettes dorée sur les coupes et à froid sur les chasses, tranches dorées, reliure piquée et salie, mors fendus sur 30 mm. à la queue, 43, [2 (notes, colophon)], [1 bl.] p., XVII planches en chromolithographie avec leurs serpentes.

Notice sur le manuscrit :
   L'histoire du Manuscrit des Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit au Droit désir, dont nous sommes les premiers à donner le fac-similé exact et complet, offre assez de particularités intéressantes, pour qu'il nous soit permis de la raconter succinctement. Nous empruntons au travail de l'abbé Lefebvre, prêtre de la Doctrine chrétienne, les renseignements publiés par lui en 1764 et qui sont joints au Manuscrit original, déposé dans le musée des Souverains français.
   « La République de Venise, à ce qu'on assure, l'avoit jadis acquis, et le conservoit depuis un grand nombre d'années dans le Trésor de ses raretés ; mais l'affection qu'elle portait à Henri, l'ayant engagée à lui faire un présent digne de lui, elle le lui remit lorsque, fuyant le Trône de la Pologne, il passa en 1574 par leur Ville pour aller prendre possession de celui de la France qui lui étoit échu par la mort de Charles IX son frère.
   La beauté de ce Manuscrit, et le nom de son Auteur, issu du Sang illustre des Rois de France, portèrent Henri à lui donner place dans les Archives de sa Couronne; et ayant, quatre ans après, conçu le dessein de former, pour la haute Noblesse de ses États, un Ordre nouveau, et qui pût servir de récompense au mérite et à la valeur distingués, il prit pour modèle les Statuts que ce Manuscrit comprenoit, et que Louis I, Roi de Jérusalem, de Naples et de Sicile, avoit composés pour l'Ordre du Saint-Esprit au Droit désir ou du nœud, qu'il avoit établi à Naples en 1352.
   Après avoir extrait de ces anciens Statuts ce qui étoit plus conforme aux usages de son tems et à ses vues particulières, Henri, par une fausse délicatesse, avoit ordonné à M. de Chiverni, son Chancelier, de les brûler, pour qu'il ne parût jamais qu'il y eût rien puisé. Mais ce Ministre, n'ayant pas cru devoir obéir à un ordre qui tendoit à priver la France d'un monument authentique de la magnificence d'un Prince qui tiroit d'elle son origine, le conserva. Il échut ensuite à son fils, Philippe Hurault, Évéque de Chartres ; et après ce Prélat, il passa dans la Bibliothèque de M. René de Longueil, Marquis de Maisons, Président à Mortier, et Surintendant des Finances, mort en 1677, puis dans celle de M. Nicolas Nicolaï, Premier Président de la Chambre des Comptes de Paris. Ce Magistrat étant mort en 1686, ce précieux Manuscrit disparut tellement, que ceux qui, par tradition, savoient les époques de son ancienne existence, n'en ont plus fait mention que comme d'une perte réelle. Le nouvel Éditeur du Journal de Henri III avance que M. de Gaignières en avoit fait l'acquisition après la mort de M. le Premier Président de la Chambre des Comptes. Je n'ai point trouvé la preuve de a cette anecdote : mais il n'est point douteux qu'il n'en ait eu connoissance. Le Père de Montfaucon le dit positivement, et ajoute que M. de Gaignières en fit faire une copie, et même qu'il fit tirer et peindre les Tableaux qui accompagnent les articles des Statuts. Selon cet Auteur, M. de Gaignières donna à la Bibliothèque du Roi cette copie, avec tous les Manuscrits de son Cabinet. C'est ce qui prouve que ce Savant n'a jamais été propriétaire de l'original de celui-ci, comme l'Éditeur du Journal de Henri III se le persuade. Cette copie n'existe plus dans la même Bibliothèque ; elle y avoit disparu, on ne sait par quel événement, avant même que M. l'Abbé Sallier en eût eu le gouvernement. »
   À l'époque où l'abbé Lefebvre publiait son travail sur les Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit au Droit désir, c'est-à-dire en 1764, le Manuscrit original appartenait à M. Gaignat, receveur général des consignations du Palais ; il faisait partie du riche cabinet de cet amateur distingué, et il fut acheté à sa mort pour la Bibliothèque du Roi. Nous l'avons trouvé en dernier lieu parmi les Manuscrits de la Bibliothèque Impériale, lorsque nous dûmes rechercher, pour la formation du Musée des Souverains français, les monuments épars dans nos établissements publics et qui avaient été possédés par des Souverains français.
   L'abbé Lefebvre ajoute : « La reliure; de ce Manuscrit étoit du tems où il a été fait. Mais, trop fatiguée pour maintenir en ordre les feuilles précieuses qu'il renferme, on lui en a substitué une plus riche et plus solide. » Malheureusement il ne donne aucune description de la reliure primitive, et quoiqu'il n'indique point précisément la date à laquelle on a jugé à propos de le couvrir plus richement et plus solidement, il est cependant permis d'affirmer que cette substitution déplorable a été accomplie pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle ; le dessin des ornements dont le maroquin est surchargé ne nous semble devoir laisser aucuns doutes à cet égard, que dissiperait d'ailleurs, s'ils étaient possibles, l'adjonction au texte original du Manuscrit, du mémoire publié en 1764 pr l'abbé Lefebvre et compris dans le même volume.



 
Vendu.


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mardi 28 novembre 2017

BOUSSU (Gilles-Joseph de) - Histoire de la Ville de Mons.


BOUSSU (Gilles-Joseph de).

Histoire de la Ville de Mons, ancienne et nouvelle ; contenant tout ce qui s'est passé de plus curieux depuis son origine 650. jusqu'à present 1725. La chronologie des comtes de Hainau, la liste des Grands-Baillis, des Conseillers, des Prevôts, des Magistrats ; avec un très-grand nombre de décrets des Souverains, concernant les privileges de cette Ville, les attributs des Echevins, & quantité d'autres pieces très-curieuses & utiles ; une ample description de l'etablissement des sieges de judicature, des chapitres, des paroisses, des couvents, des corps-de-stile, des fondations & des principaux edifices de cette Ville ; son ancien circuit, son agrandissement, ses guerres, ses sieges, ses blocus, ses ruines, ses rétablissemens, ses incendies, ses tremblemens de terre, & autres évenemens surprenans. Par Gilles-Joseph de Boussu, Ecuyer, Licencié en Droit.

Mons, Varret, 1725.
[A Mons, Chez Jean-Nicolas Varret, Imprimeur de Messeigneurs les Etats, & de Messieurs du Magistrat, ruë de la Clef. 1725. Avec Approbation & Permission.] 

In-4° demi-veau brun d'époque, dos à 4 nerfs orné de fers dorés, reliure frottées, épidermures, [1 (titre)], [1 bl. (avec l'ex-libris manuscrit de Marie-Thérèse Malengrez)], [6], 435, [1 bl.], [36 (table, errata)] p., exemplaire bien complet des trois gravures de Kraft (titre frontispice, Mons ancien 650 et grande vue à déplier de la ville - les marges de cette dernière ont été fortement rognées).

   
Historien et littérateur, né à Mons le 13 octobre 1681, y décédé le 9 mai 1755. Il était licencié en droit, et remplit, en 1714, 1732 et 1737, les fonctions d'échevin de sa ville natale. Il fut député des États du Hainaut et ses lettres de noblesse lui furent octroyées par Charles VI le 30 juillet 1717. Il s'adonna d'abord à la littérature et publia plusieurs tragédies en vers d'une conception et d'un style médiocre. C'est par des publications historiques que cet écrivain s'est fait remarquer ; on lui doit la célèbre Histoire de la ville de Mons, présentée ici ; une Histoire de la ville de Saint-Ghislain, publiée en 1737 et une Histoire de la ville d'Ath, parue en 1750.

Bibliographie :
   - Rousselle (Hippolyte), Bibliographie montoise, n° 566.
   - Federinov (Bertrand), Quatre siècles d'imprimerie à Mons, p. 63.




Vendu.


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mercredi 22 novembre 2017

1785. DE DOYAR (Pierre) - Lettres d'un chanoine pénitentier, sur les Affaires de la Religion.


[DE DOYAR (Pierre)].

Lettres d'un chanoine pénitentier de la métropole de *** a un chanoine théologal de la cathédrale de **, sur les Affaires de la Religion.

S.l. 1785.
[M. DCC. LXXXV.] 

In-12 broché, 174 p., dos en grande partie manquant.

   Il s'agit de la seconde édition de cet ouvrage dont la première parut la même année, également sans mention de lieu et d'éditeur.

Avis de l'éditeur :
   Ces lettres, au nombre de huit, roulent sur les affaires de la Religion. Cela suffit pour les rendre précieuses aux Fidèles. C'est par un heureux hasard qu'elles sont tombées entre mes mains. J'en ai senti tout le mérite à la première lecture, & j'ai cru que ce seroit faire une bonne œuvre, que de les mettre au jour. On verra qu'elles sont dictées par la piété & la science, & qu'elles ne respirent que les bons principes. Que leur faut-il de plus pour produire de salutaires effets ? Chaque Lettre est une consultation, à laquelle on répond d'une manière satisfaisante. La première concerne l'Edit de Tolérance. La seconde a pour objet la suppression des Maisons Religieuses. La troisième discute l'Edit concernant les Mariages ; & dans la quatrième on traite de différentes innovations & de l'ordre intimé aux Evêques [d]e soumettre leurs Mandemens & Instructions Pastorales à la censure du Gouvernement. Il étoit de la dernière importance que ces Lettres parussent pour fixer la perplexité des consciences, & l'incertitude des esprits. Heureux ceux qui vivent de la Foi, & que rien n'est capable de détacher du centre de la vérité !


Bibliographie :
   - Doyen, Bibliographie namuroise, n° 975.

50 euros (code de commande : 20525).


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