jeudi 18 janvier 2018

1840. SAVIGNAC (Alida de) - Le génie des bonnes pensées.


SAVIGNAC (Alida de)

Le génie des bonnes pensées par Madame Alida de Savignac. Avec vingt-deux belles gravures lithographiées.

Paris, Eymery, [1840].
[Paris, / A la Bibliothèque d'Éducation de Mademoiselle Désirée Eymery, / Quai Voltaire, 15.] 

In-8° oblong sous une modeste reliure cartonnée, [1 (titre)], [1 bl.], 112 p., 20 lithographies de Louis Edward May, mouillures et salissures, ouvrage rare.

    Le titre indique la présence vingt-deux lithographies ; notre exemplaire en comporte vingt : le titre gravé et une illustrant chacun des dix-neuf chapitres (La piété - La charité - La bienfaisance - La philanthropie - La clémence - L'amour fraternel - Vertu chrétienne - Amitié - Amour conjugal - Magnanimité - L'honneur - L'équité - Amour filial - La bonté - Le courage militaire - La probité - Dévouement - La présence d'esprit - La miséricorde).
   Cette édition semble bien complète et est identique à celle conservée à la Bibliothèque Nationale de France et numérisée sur le site
Gallica.
   Vous pouvez découvrir toutes les illustrations en suivant le lien vers la page facebook de la librairie.


   Le peintre et lithographe Louis Edward May (Paris, 1807 - Angoulème, 1881) fut un élève de Léon Cogniet avec qui il réalisa les voussures du plafond du Louvre représentant l'Expédition d'Égypte ; on lui doit également de nombreux dessins et chromolithographies pour l'ouvrage le Moyen Âge et la Renaissance. Il signait ses composition « Edwarmay » ; il est notamment connu pour sa célèbre Nature Morte au Verre d'Absinthe.



Introduction :
   Le génie des bonnes pensées est naturellement celui des bonnes actions. Malheur a qui laisserait salir son imagination sous le prétexte que ses pensées ne nuisent a personne et qu'il suffit dans le monde de bien agir pour être estimable. Un jour viendra où la perversité secrète surgira sur la conduite extérieure et laissera voir l'homme dans toute sa laideur ; d'ailleurs, quand on parviendrait ii tromper la société, à la satisfaire avec ce qu'on montre de soi-même, peut-on espérer tromper Dieu ? Ne sait-on pas qu'il pèse les cœurs plus rigoureusement encore que les actions ?
   Notre génie, a nous, celui qui préside à ce recueil, n'est pas le génie des méditations intérieures : c'est ce bel ange, colporteur des inspirations d'en haut, qui, dans une circonstance difficile, suggère ce qu'il y a de mieux à la mère, a l'épouse, a la fille, au serviteur, au soldat ; c'est le guide de ces élans du cœur qui préservent d'une faute, d'un malheur ou conseillent une action héroïque. Notre petit livre est donc une lointaine imitation de celui de Plutarque. Au lieu de raconter la vie des héros et des sages dont la place est marquée dans l'histoire, nous avons réuni les hauts faits des personnages obscurs, d'enfans, de jeunes filles, nous les ayons placés à côté de noms historiques. Tous les temps, tous les pays, tous les états, tous les âges nous ont fourni des traits touchans ou sublimes, car le génie des bonnes pensées souffle toujours et sur tous ; il ne manque pas une occasion de nous offrir ses conseils et son soutien : c'est notre faute s'il parvient si rarement à nous les faire accepter.
   Lisez-nous donc, enfans, et puissiez-vous être saisis d'une noble émulation en voyant combien il est doux et facile de faire le bien !


Extrait de La Mode :

   Nous croyons devoir recommander à nos lecteurs la librairie de mademoiselle d'Eymery, spécialement consacrée à ces livres d'éducation, dont la morale et l'instruction sont éminemment utiles.
   Mademoiselle Eymery publie une Bibliothèque d'éducation, déjà connue et estimée qui se divise en deux séries : l'Enfance et l'Adolescence. M. Desaines, auteur lui-même d'un grand nombre de bons livres pour la jeunesse, a présidé à cette entreprise qui lui doit plusieurs volumes religieux et instructifs fort appréciés.
   On trouve en outre chez mademoiselle Eymery, pour les étrennes, une grande quantité de jolis album, dans tous les formats et dans tous les prix, parmi lesquels nous avons remarqué le Génie des bonnes Pensées et les Douze-Mois de madame de Savignac.


Bibliographie :
   - Journal général de la littérature de France. Année 1840, p. 155.
   - Bibliographie de la France, n° 36 - septembre 1840, p. 496.
   - La Mode, 1841, p. 31.
   - Biais (Émile), Peintures murales des églises de Torsac et de Bouteville (Charente), dans Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des Départements, 35e session, pp. 148-149.


95 euros (code de commande : 26378).


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mercredi 17 janvier 2018

1801. Triomphe de la République française. Gravure par François-Anne David.


Triomphe de la République française.

Grande gravure (imprimée avant la lettre) au burin et à l'eau-forte par François-Anne David d'après un dessin de Charles Monnet.

[Paris], [Chez l'Auteur], [1801].

Rousseurs.

Tirage limité à 600 exemplaires dont 100 avant la lettre (ce qui est le cas de la gravure présentée ici).



Dimensions :
   - de l'image : 573 x 380 mm.
   - de la feuille : 584 x 409 mm.
   Rousseurs.


   François-Anne David (Paris, 1741-1824) fut l'un des graveurs les plus prolifiques de son temps, on lui attribue près de mille quatre cents travaux parmi lesquels de nombreuses reproductions historiques dont celle présentée ici inspirée du dessin de Charles Monnet (1732-post 1808).

Texte du bulletin de souscription envoyé fin 1800 :
   « Le triomphe de la République française est un des riches sujets dont le génie des Arts a dû s'emparer, et c'est au talent qu'il appartient de répandre sur cette vaste composition le charme et la magie d'une exécution savante. Les Artistes qui s'occupent de ce travail important, connus par les grands ouvrages qu'ils ont déjà donnés au public redoubleront d'efforts et de zèle pour mériter encore le suffrage des amis de l'Art.
   Cette marche triomphale sera ouverte par l'Assemblée nationale ; on en distinguera quelques-uns des membres les plus célèbres, tels que Bailly et Mirabeau. Au milieu des Assemblées législative et conventionnelle seront traînés renversés les attributs du despotisme, de l'anarchie et du fanatisme, les trois grands fléaux de la société civile.
   Dans un char attelé par les lions, sera la République française, tenant d'une main la Charte constitutionnelle de l'an 8 ; de l'autre une branche d'olivier, symbole de la paix ; le Génie de la liberté la couronnera.
   Le char sera suivi par le jeune Héros qui a senti la nécessité d'imposer un terme à la révolution et des bornes à ses conquêtes, en ajoutant une branche d'olivier aux lauriers dont sa tête est ombragée. Au-dessus de lui planera dans les airs le Génie de la gloire.
   À sa suite on verra une foule de guerriers, parmi lesquels on reconnoîtra tous ceux qui ont contribués le plus, par leurs exploits, au triomphe de la liberté.
   Des enseignes annonceront les Républiques Batave, Helvétique, Cisalpine et Ligurienne, filles heureuses de la Grande-Nation.
   Sur le second plan, dans un coin de l'Estampe, on brûlera toutes les lois affreuses qui ont été dictées par l'esprit de parti, les listes de proscription, etc., etc.
   L'Artiste propose cette Estampe par souscription, en invitant tous les amis de la République de se faire inscrire, pour s'assurer une belle Épreuve de cette Gravure, dont il ne sera tiré que 600 exemplaires, la planche étant remise aussitôt, en pur don, au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale.
   Cette Estampe paroîtra le 1er messidor prochain.
   Il n'y aura que 500 Épreuves de tirées avec la lettre, et 100 premières Épreuves avant la lettre. »


Philippe Bordes précise dans sa description :
   « Cette marche triomphale s'ouvre par l'Assemblée nationale ; on y distingue quelques-uns de ses membres les plus connus, Bailly, Mirabeau, La Fayette, etc. Au-dessus des Assemblées Législative et Conventionnelle qui suivent se forme un orage, d'où part la foudre. Plusieurs députés sont atteints ; leur attitude décèle leurs craintes et le mécontentement qu'ils éprouvent à la vue de la République triomphante. »
   « Sous leurs pas les lions ont brisé la Constitution de 1793 ; la Victoire foule aux pieds les lois de sang, dictées par l'esprit de parti. [Dans les airs,] la Renommée annonce à tous les peuples le triomphe de la Nation Française et les préliminaires de la paix avec l'Angleterre, signés à Londres le 9 vendémiaire an X [1er octobre 1801]. »
   Derrière le char, on reconnaît Napoléon Bonaparte suivi par ses généraux : Beurnonville, Moreau (vainqueur de la bataille de Hohenlinden), Gouvion de Saint-Cyr, Berthier, Bernadotte, etc.


Bibliographie :
   - La Décade philosophique, littéraire et politique, vol. II, pp. 58-60.
   - David (François-Anne), Bulletin de souscription de Le Triomphe de la République.
   - Bordes (Philippe), Premières collections, catalogue de l'exposition qui s'est tenue au Musée de la Révolution française, au château de Vizilles, du 4 juillet au 16 décembre 1985, notice n° 179.



100 euros (code de commande : 26407).


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mardi 16 janvier 2018

1653. GRAMOND (Gabriel Bartholomé) — Historiarum Galliæ ab excessu Henrici IV.


GRAMOND (Gabriel Bartholomé).

Historiarum Galliæ ab excessu Henrici IV. Libri XVIII. Quibus rerum per Gallos totâ Europâ gestarum accurata narratio continetur. Autore Gabr. Bartholomæo Gramondo, in sacro Regis Consistorio Senatore, & in Parlamento Tolosano Præside. 

Amsterdam, Elzevier, 1653.
[Amstelodami, / Apud Ludovicum Elzevirium. : cIɔ. Iɔc. LIII.]

In-8° (121 x 180 mm.) plein maroquin rouge à grains longs, dos lisse orné, roulette et filet dorés encadrant les plats, chasses et coupes décorées de roulettes dorées, tranches dorées, [1 (titre en rouge et noir avec une vignette typographique)], [1 bl.], [26 (dédicace, avis au lecteur et lexique des noms cités)], 798, [83 (table)], [1 bl.] p., ex-libris.

   Gabriel Barthélemy, seigneur de Gramond, ou Grammont (Toulouse, ca 1590-1654) fut conseiller puis président au Parlement de Toulouse. Fervent catholique, il ne cachait pas son approbation du massacre de la Saint-Barthelemy.
   Pierre Larousse montre bien évidemment peu de sympathie pour ce personnage : « il était conseiller au parlement de Toulouse au moment où se dénoua le procès du malheureux Vanini, accusé d'athéisme et d'hérésie. Gramond a laissé de cette odieuse affaire, ainsi que de l'exécution de l'infortuné, un récit froidement cruel qui révolte le lecteur, et qui indigna même ses contemporains. » Dans l'édition elzévirienne présentée ici ce passage figure aux pages 210-212.
   La première édition de cet ouvrage fut publiée à Toulouse, en 1643.


Bibliographie :

   - 
Willems
(Alphonse), Les Elzevier : histoire et annales typographiques, n° 1160.
   - Rahir (Édouard), Catalogue d'une collection unique de volumes imprimés par les Elzevier et divers typographes hollandais du XVIIe Siècle, n° 1184-1185.
   - Bourgeois (Émile) et André (Louis), Les sources de l'histoire de France, XVIIe siècle, t. I, n° 616.


100 euros (code de commande : 26377).


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jeudi 11 janvier 2018

1970. L'art populaire en Wallonie.


L'art populaire en Wallonie.

Liège, Musée de la Vie wallonne, 1970. 

In-4° sous reliure, jaquette (dos défraîchi) et étui d'éditeur, 556 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs.

Exemplaire en très bel état de ce livre de référence.

Table des matières :
   - Avant-propos.
   - L'art populaire en Wallonie.
   - Le foyer.
   - Éléments de l'habitation.
   - Le mobilier.
   - La vie domestique.
   - Le luminaire.
   - La céramique.
   - La verrerie.
   - Tissus, dentelles, vêtements et parures.
   - Le matériel de la vie agricole.
   - Outils et produits artisanaux.
   - Les enseignes.
   - Travaux de patience.
   - L'enfance.
   - Les marionnettes.
   - Manifestations folkloriques.
   - L'art religieux populaire.
   - L'imagerie populaire.
   - Répertoire des illustrations avec commentaire des objets reproduits et citation des ouvrages consultés.



50 euros (code de commande : 20498).


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samedi 6 janvier 2018

1927. LE ROY (Eugène) - Le moulin du Frau.


LE ROY (Eugène).

Le moulin du Frau.

Bois de Louis-Joseph Soulas.

Avant-propos par Alcide Dusolier.

Paris, Mornay, 1927.

In-8° broché, V, 472 p., (collection « Les Beaux Livres », n° 39), exemplaire numéroté sur Rives (n° 346), très bon exemplaire en grande partie non coupé.

Extrait de l'avant-propos :
    Je ne me rappelle pas avoir jamais eu, du temps que j'étais critique, l'occasion d'apprécier un roman rustique offrant la moindre ressemblance de facture avec le Moulin du FrauLe Marquis des Saffras, de La Madelène, les Païens innocents, de Babou, non plus que le Chevrier, de Fabre, et le Bouscassié, de Cladel, ne sauraient lui être comparés. L'arrangement de la réalité, l'inquiétude constante de la forme, qui s'accusent également dans ces œuvres rudes ou délicates, ne s'aperçoivent pas une fois dans le Moulin. Ici, nul artifice littéraire, « l'auteur » est absent, il semble que le livre se soit fait tout seul, soit venu de lui-même.
   Quand je lus dans l'Avenir de la Dordogne les premiers feuilletons, je fus pris d'emblée au charme, absolument nouveau, d'une naïveté d'exécution sans analogue dans mes souvenirs. Le récit se déroulait si simplement à travers les villages, les champs, les landes et les bois, qu'on eût juré l'histoire du meunier écrite par le farinier en personne. Rien de prémédité, d'agencé : le Périgord comme il est et les Périgourdins comme ils sont, voilà tout. Oui, c'est bien le meunier qui raconte au jour le jour la vie de sa famille et celle de ses voisins, qui nous dit bonnement leurs idées, leurs peines, leurs gaietés, au fur et à mesure que tels ou tels incidents les déterminent, sans qu'il tente jamais de combiner ces incidents pour en tirer un effet ou une situation. Et cependant, quel intérêt elles éveillent, ces existences tout unies, où les surprises et l'extraordinaire n'ont point de place ! Quel attrait dans ces tableaux du monotone train-train rural !
   On pourrait dire que, par là, le Moulin du Frau est un tour de force, si l'effort se trahissait en quelque endroit. Mais non. Si nous sommes conquis dès le début et gardés jusqu'au bout, cela tient avant tout à l'entière sincérité du narrateur, à ce qu'il a vécu son sujet.






60 euros (code de commande : 26279).


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vendredi 5 janvier 2018

LA TOUR (Claude-Pierre Roussel de) - La Richesse de l'État.


[LA TOUR (Claude-Pierre Roussel de)]

La Richesse de l'État.

S.l.n.d. In-8° demi-veau d'époque, dos lisse, titre à la plume sur une pièce de parchemin, reliure frottée présentant des déchirures, 31, [1 bl.] p.

Relié avec :


La taille réelle. Lettre d'un avocat de Paris à un de ses Confreres en Province, contenant des Réflexions sur l'Écrit qui a pour Titre, Richesses de l'Etat.


S.l.n.d. 38, [2 bl.] p.

Extrait de La Richesse de l'État :
   « Chacun doit au bien public de tribut de ses réflexions. D'autres ont fait des volumes sur l'économie des Finances, sur la Population, sur le Commerce. On y trouve des observations judicieuses, des critiques justes, des principes excellens, une théorie admirable. Mais veut-on réduire en pratique ces différens systêmes ? Les opérations de détail qu'ils indiquent sont immenses ; elles exigeroient un travail long, un concours de volontés, une constance parfaite, une uniformité invariable dans les vues de ceux qui sont chargés de l'administration, une fidélité inviolable dans l'exécution ; en un mot, une réforme préalable de l'Humanité, & un remède aux vicissitudes. Lorsqu'on a pesé & combiné tous ces systêmes, & que l'on a reconnu qu'un siècle suffiroit à peine pour les exécuter dans toute leur étendue, on s'apperçoit qu'ils ne peuvent remédier à un mal pressant ; & l'on est tenté de regarder le mal comme désespéré & sans remède. C'est aller trop loin : mais au moins faut-il chercher le remède ailleurs que dans des économies de détail
   C'est ce qu'on va essayer de faire. On entreprend de prouver qu'il est un remède prompt & efficace ; qu'il est possible de subvenir aux besoins de l'État, de satisfaire à ses engagemens, de pourvoir au présent, au passé, à l'avenir, par une opération simple, dont l'effet seroit en même temps & d'enrichir le Roi & de soulager les Peuples. Cette annonce a-t-elle quelque réalité ? C'est ce que chacun pourra connoître par l'exposé que l'on va faire du plan & des moyens de l'exécuter. »


Extrait de la correspondance de Grimm :

   « Une feuille intitulée Richesse de l'État, et répandue dans le public la veille du lit de justice que le roi a tenu pour les nouveaux arrangemens de finances, a occupé tous les esprits depuis un mois. L'auteur de cette feuille est M. Roussel, conseiller au Parlement. Son projet consiste dans l'établissement d'une capitation, seul et unique impôt substitué à tous les autres. Sur seize millions d'habitans dont M. Roussel suppose la France peuplée, il en choisit deux millions qu'il suppose être en état de supporter un impôt quelconque ; partageant ensuite ces deux millions en vingt classes différentes, il n'exige de la première et de la plus pauvre qu'une taxe annuelle de trois livres, et augmentant ainsi la taxe de classe en classe, il arrive à la vingtième et dernière, dont il fixe la capitation à sept cent trente livres. Cette somme serait le plus fort impôt auquel un sujet du roi pourrait être taxé, et cependant cette seule imposition donnerait un produit de plus de six cent quatre-vingt-dix-huit millions par an...... Rien n'est plus spécieux au premier coup d'œil, aussi rien ne peut être comparé à l'engouement des premiers jours pour le projet de M. Roussel. Le peuple se voyait, moyennant trois livres, débarrassé de tout impôt, et les gens riches se délivraient de toute charge moyennant trente louis : c'était le retour du siècle d'or. »



Extrait de la Lettre d'un avocat de Paris :
   « J'ay vû des premiers, Monsieur, le Projet qui a pour Titre, Richesses de l'État, je ne puis qu'applaudir aux vûës patriotiques de l'Auteur, mais je n'approuve pas la répartition qu'il fait d'une Imposition, en forme de Capitation, qui imposées arbitrairement, seroit avantageuse aux uns, & très-onéreuse à d'autres ; j'adopterois cependant son Plan, s'il pouvoit s'exécuter sans commettre des injustices, même involontaires, de la part de ceux qui seroient préposés à l'estimation de la Fortune de chaque Particulier. »
   L'auteur conclut : « Tout bien combiné, nous concourons, cet estimable Citoyen & moi, au même but, mais par des routes differentes, puisque cet auteur propose de faire contribuër généralement tous les Sujets du Roy aux Charges de l'Etat, & moi de n'y assûjettir que les seuls Capitalistes. »


Bibliographie :
   - Grimm (Friedrich Melchior Freiherr von) et Diderot (Denis), Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm et de Diderot, pp. 267-268.
   - Vercruysse (Jeroom), Homme aux quarante écus (L'), dans Dictionnaire de Voltaire, pp. 108-109.


60 euros (code de commande : 26342).


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jeudi 4 janvier 2018

1886. GUIFFREY (Jules) - Histoire de la tapisserie depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours.


GUIFFREY (Jules).

Histoire de la tapisserie depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours par Jules Guiffrey.

Tours, Mame, 1886.
[Tours / Alfred Mame et Fils, Éditeurs / M DCCC LXXXVI]

Grand in-8° sous cartonnage vert et or d'éditeur (maquette de A. Souze), tranches dorées, VIII, 533, [1 bl.], [1 (corrections)], [1 bl.] p., nombreuses illustrations en noir dans le texte et quatre planches en couleurs hors texte accompagnées de leurs serpentes légendés, exemplaire en très bel état malgré quelques rousseurs.

Avertissement :
   Il y a une cinquantaine d'années, les vieilles tapisseries étaient dans le plus complet discrédit. Employées à d'humbles usages ou reléguées au fond des greniers, elles n'excitaient l'intérêt ni la curiosité de personne. Quant à rechercher les auteurs, l'âge, l'origine de ces œuvres démodées, nul n'y songeait. Le grand ouvrage de M. Achille Jubinal consacré à la description et à la reproduction des Anciennes tapisseries historiées de la France, fut une révélation. Il porte la date de 1839. Cette publication fit connaître aux artistes et aux curieux des trésors ignorés. Mais il fallut bien des années avant que d'autres érudits suivissent la voie ouverte par le hardi pionnier de l'histoire de la tapisserie. Ce n'est guère que depuis vingt ans que la curiosité des chercheurs s'est tournée de ce côté, et a organisé un vaste dépouillement des grands dépôts publics pour y recueillir des notions exactes sur les tapissiers du temps passé et sur leurs œuvres.
   On peut donc maintenant essayer de tracer les grandes lignes de l'histoire de la belle industrie qui a pour but la décoration des riches habitations ou des édifices religieux. Il est dorénavant possible de donner un aperçu des origines, des progrès, des vicissitudes et de la décadence du travail de la tapisserie à travers les différents siècles et dans les divers pays de l'Europe depuis le commencement du Moyen Âge jusqu'à nos jours. Tel est le but du présent ouvrage.
   L'auteur s'est proposé de réunir et de présenter sous une forme concise le résultat des recherches multiples poursuivies à la fois sur tous les points, résultats consignés en des centaines de volumes ou d'articles. Pour ne pas effrayer le public par un étalage d'érudition déplacée, on a résisté à la mode de ne pas avancer un fait sans surcharger le bas des pages de notes, de citations et de renvois. De récents et notables exemples prouvent que ce système a ses partisans et ses avantages.
   Après toutes les publications dont la tapisserie a été l'objet depuis un certain nombre d'années, il nous a semblé qu'il restait quelque chose à dire. Si la supériorité des tapissiers français depuis la création des Gobelins est un fait unanimement reconnu, le rôle des artisans de notre pays aux époques plus reculées n'avait pas été présenté jusqu'ici sous son véritable jour. On n'avait pas assez remarqué que l'Artois et la Flandre, du moins jusqu'à la Renaissance, faisaient partie intégrante de la patrie française, et que nous avions le droit de réclamer comme nôtres les triomphes et les gloires de ces deux provinces. Par contre, certaines productions étrangères avaient été exaltées outre mesure, au détriment de la vérité historique. Il s'agissait donc de mettre chaque chose à sa place, sans oublier que nous écrivons en France et pour des Français.
   Nos vœux les plus ardents seraient comblés si ce livre pouvait inspirer au public, et surtout à ceux qui ont charge de veiller sur les industries et les institutions nationales, un peu de sollicitude en faveur d'une classe de travailleurs des plus intéressantes, car elle a contribué, de tout temps et autant que nulle autre, à répandre et à maintenir au loin la réputation du goût français.


Planche IV : Louis XIV visitant la Manufacture des Gobelins.

Vendu.


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mercredi 3 janvier 2018

1766. DE WULF (Jacobus Philippus) — Generalen index ofte substantieel kort-bondig begryp der materien, begrepen in de vyf placcaert-boecken van Vlanderen...


DE WULF (Jacobus Philippus).

Generalen index ofte substantieel kort-bondig begryp der materien, begrepen in de vyf placcaert-boecken van Vlanderen, behelsende Alle de Placcaerten, Edicten, Decreten, Reglementen, Ordonnantien, Instructien ende Tractacten, geëmaneert voor de provincie van Vlaenderen, beginnende van den Jaere 1152. tot ende met 1763. Opgestelt, volgens order van den A.B.C.

Gand, Goesin, 1766.
[Tot Gendt, / By Petrus de Goesin, Drucker van Haere Keyserlycke ende Koning- / lycke Apostolycke Majesteyt. 1766. / Met Privilegie.]

In-folio (212 ´ 322 mm.) plein veau d'époque, dos à 5 nerfs orné, [8 (titre, privilège, épître, avis)], CXX, 690, XVII (index), [1 (errata)], ex-libris manuscrit Emmanuel Philippus Anthone de Bare, advocaet, 1771, bon exemplaire.

   Le jurisconsulte gantois Jacques-Philippe De Wulf vécut à Gand pendant le XVIIIIe siècle. « Dans ce travail, De Wulf résume fort bien les nombreuses lois de Flandre, qui étaient la plupart du temps celles de toutes les provinces. Par cette analyse, où l'auteur a suivi l'ordre alphabétique, et à laquelle il a joint un index chronologique, nous pouvons nous former promptement une idée exacte de notre ancien droit édictal. Aucun index de cette immense collection, surtout ce qui a été fait pour telle ou telle branche de la législation, n'est aussi complet, aussi érudit que celui de l'avocat gantois. »
   Cet ouvrage est indispensable pour la consultation des cinq premiers Placcaet-boecken van Vlaenderen qui ont été publiés de 1629 à 1766.


Bibliographie :

   - 
Dekkers (René), Bibliotheca Belgica juridica. Een bio-bibliografisch overzicht der rechtsgeleerdheid in de Nederlanden van de vroegste tijden af tot1800, n° 196.
   - Vanderhaeghen (Ferdinand), Bibliographie Gantoise. Recherches sur la vie et les travaux des imprimeurs de Gand 1483-1850, n° 4328.
   - Varenbergh (Émile), De Wulf (Jacques-Philippe), dans Biographie nationale, t. VI, col. 27-28.



Vendu.


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mardi 2 janvier 2018

1950. LAURENT-TAILHADE (Marie-Louise) - Les nuits du XVIIIe siècle.


LAURENT-TAILHADE (Marie-Louise).

Les nuits du XVIIIe siècle.

Illustrations de Sigros.

Paris, Éditions de l'Ibis, 1950.

In-8° demi-chagrin bordeaux à coins, dos à 4 nerfs orné de filets et d'un fleuron dorés, couverture conservée, reliure un peu frottée, 199 p., 16 illustrations en couleurs hors texte, exemplaire numéroté sur vélin (n° 1057).

Introduction :
    Il appartenait à ce charmant et pervers XVIIIe siècle, et particulièrement à la Régence, de raffiner sur tous les modes de luxure pratiqués dans la Rome des Césars. L'orgie latine a connu toutes les formes du baiser, elle en a tiré toute la somme de jouissances qu'elles pouvaient rendre. L'orgie des roués et des grands seigneurs du XVIIe siècle a mené la ronde des mêmes débauches, des mêmes inversions, poussant jusqu'au meurtre la fureur de sa dépravation.
   Comme Lesbos, comme la Rome impériale, le Paris du XVIIIe siècle eut ses tribades, ses arracheurs de palissades, et les vices les plus bizarres, les plus étranges fantaisies dans la luxure, fraternisaient à cette époque où, au dire de quelques mémorialistes, ceux qui ne l'ont point connue n'ont pas connu la joie de vivre.
   C'est par une chose singulière, disent les Goncourt, que toutes les femmes de cette époque s'élèvent avec leurs aventures. De la prostitution elles dégagent la grande galanterie du siècle. Elles apportent une élégance à la débauche, parent le vice d'une sorte de grandeur et retrouvent dans le scandale comme une gloire et comme une grâce de la courtisane antique. Venues de la rue, ces créatures, tout à coup radieuses, adorées, semblent couronner le libertinage et l'immoralité du temps. En haut du siècle, elles représentent la fortune du plaisir. Elles ont la fascination de toutes les prodigalités, de toutes les joies.
   Elles touchent aux lettres, elles s'entourent d'artistes. Des écrivains leur doivent leur premier amour, des poètes leur apportent leur dernier soupir. À leurs soupers, aux soupers des Dervieux, de Sophie Arnould, de Julie Talma, de Guimard, les philosophes se pressent, apportant le rêve de leurs idées, buvant à l'avenir devant la volupté. Pour communier avec elle, les femmes ont affranchi l'amour de toutes ses règles, rejeté comme infamant tout voile d'hypocrisie. Elles ont aimé la volupté, dans toutes ses manifestations, et n'ont pas rougi d'attarder leur regard sur la beauté naissante d'une jeune vierge, pas plus que sur la promesse en fleur d'un bel adolescent, ne voulant pas, comme le poète : Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté.




















Vendu.



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lundi 1 janvier 2018

1630. LAET (Johannes de) - Belgii Confœderati Respublica.


[LAET (Johannes de)].

Belgii Confœderati Respublica : seu Gelriæ, Holland. Zeland. Traject. Fris. Transisal. Groning. chorographica Politicaque descriptio. 

Leyde, Elzevier, 1630.
[Lugd. Batav. / Ex officina Elzeviriana. / cIɔ. Iɔc xxx.]

In-24 sous un cartonnage ancien, dos lisse titré à la plume, [1 (titre-frontispice)], [1 bl.], [14 (introduction, table, privilège)], 352, [9 (index)], [7 bl.] p., cachet de bibliothèque au verso du titre-frontispice et à la dernière page de l'index, bon exemplaire.

   Trois éditions de ce livre ont été publiées la même année : la première qui comporte 359 pages est dépourvue d'index, les seconde (celle présentée ici) et troisième qui comportent 352 pages et un index lui sont donc préférables ; elles contiennent en outre un chapitre nouveau : Limburgum Ducatus.

Bibliographie :
   - Niceron (Jean-Pierre), Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la république des lettres, t. XXXVIII, pp. 341-342.
   - Willems (Alphonse), Les Elzevier. Histoire et annales typographiques, n° 326.
   - Roulez (Joseph), De Laet (Jean), dans Biographie nationale, t. 5, col. 273-277.



60 euros (code de commande : 26303).







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