vendredi 23 juin 2017

1703. [LANCELOT (Antoine) et BAYLE (Pierre)] - Naudaeana et Patiniana.


[NAUDÉ (Gabriel) et PATIN (Guy)].

[LANCELOT (Antoine) et BAYLE (Pierre)].

Naudaeana et Patiniana. Ou singularitez remarquables, prises des conversations de Mess. Naudé & Patin. Seconde édition revuë, corrigée & augmentée d'Additions au Naudaeana qui ne sont point dans l'Edition de Paris.

Amsterdam, Vander Plaats, 1703.
[A Amsterdam, Chez François vander Plaats, Marchand-Libraire dans le Gapersteeg, M. DCCIII.] 

In-12 plein veau, dos lisse orné de filets dorés, filet-double doré encadrant les plats, reliure frottée, [1 (titre en rouget noir)], [1 bl.], [14 (avertissement, préfaces)], 256, 132, [10 (table)] p., portraits de Guy Patin et de Gabriel Naudé gravés par Sluyter en frontispice.

Avertissement du Libraire [il s'agit en réalité de Pierre Bayle] :
    Je n'ai pas pu faire tout ce que je souhaitois pour perfectionner cette nouvelle Edition du Naudaeana & Patiniana. Je voulois y joindre les endroits que Mr le Président Coufìn a retranchez de l'Original, & les Pieces Latines que le Pere Jacob publia en l'honneur de M. Naudé à Paris l'an 1659. mais jusques ici il m'a été impossíble de les recouvrer. J'ai été plus heureux par raport à la taille douce de M. Naudé, car j'en ai enfin déterré un exemplaire, on la trouvera ici avec celle de Mr Patin. Mais pour faire bien connoître que cette édition ne laisse pas d'être incomparablement meilleure que celle de Paris, il me suffira d'avertir que j'ai fait corriger un très grand nombre de fautes qui défiguroient si horriblement les noms propres, qu'ils en étoient méconnoissables. J'ai mis ensemble † les endroits qui appartiennent à la même personne, & qui se trouvent dispersez çà & là dans l'édition de Paris, & ce qui est beaucoup plus considérable je donne des Supplémens très-curieux & fort nécessaires dont le manuscrit m'est venu de France : s'ils fussent venus assez tôt j'eusse mis chaque addition au bas de l'article qu'elle concerne, mais quoi qu'elles soient toutes ensemble à la fin du Naudaeana, il n'y a personne qui ne puisse facilement les raporter où il faut. L'Auteur de ces Additions ne m'est connu que sous l'idée générale de savant homme. Vous allez voir son Avant propos.

Bibliographie :
   - Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, t. III, col. 399.


   
200 euros (code de commande : 19800).


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jeudi 22 juin 2017

1877. FLOR O'SQUARR (Charles) - Gambetta.



FLOR O'SQUARR (Charles).

Gambetta.

Paris, Baschet, [1877].

In- f°, 4 p., une planche hors texte, (collection « Galerie Contemporaine Littéraire Artistique », 2e série - n° 17), couverture un peu défraîchie mais photographie en parfait état.

   Le cliché du portrait de Gambetta par Étienne Carjat a été imprimé en photoglyptie (191 x 239 mm.) par Goupil et Cie et monté sur carton légendé.
   Cette photographie de Gambetta est moins courante que celle que l'on trouve habituellement collée dans ce fascicule de la Galerie Contemporaine.



45 euros (code de commande : 23636).


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mercredi 21 juin 2017

1863-1864. AUMALE (Henri d’Orléans, duc d’) - Histoire des princes de Condé.


AUMALE (Henri d’Orléans, duc d’).

Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles par M. le Duc d'Aumale. Tomes I et II.

Paris, Lévy, 1863-1864.
[Paris / Michel Lévy Frères, Libraires Éditeurs / rue Vivienne, 2 bis et boulevard des Italiens, 15 / A la Librairie Nouvelle / 1863 - 1864 / Tous droits réservés.]

Deux volumes in-8° plein maroquin rouge, dos à cinq nerfs orné des armes du duc d'Aumale dans les entrenerfs et daté en queue, plats aux armes du duc d'Aumale encadrés de filets à froid, roulette et filets dorés sur les chasses, roulette dorée sur les coupes, tranches marbrées et dorées (reliure de Lortic), tome I : [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.], III, [1 bl.], 580 p., un portrait gravé de Louis Ier de Bourbon en frontispice, tome II : [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.], 588 p., un portrait de Henri Ier de Boubron en frontispice et une grande carte à déplier in fine.

Bel exemplaire sur papier vergé.

Note de Fernand Drujon :
   « Cet ouvrage était déjà imprimé et sur le point d'être publié, lorsque le gouvernement impérial en interdit la publication et le fit saisir chez l'éditeur, le 19 juin 1863, par les soins du Préfet de police (M. Boittelle). De là procès retentissant intenté par l'illustre auteur du livre, conjointement avec son éditeur, contre les ministres de l'intérieur et des finances, les Préfets de police et de la Seine, le Directeur des Domaines, à l'effet d'obtenir la restitution en France, sans conditions ni restrictions des deux volumes saisis brochés et en feuilles, procès qui dura 6 ans et ne se termina, après l'épuisement de tous les degrés de juridiction, que par l'acquiescement du gouvernement aux prétentions des demandeurs. »



Préambule de l'auteur, daté de Palerme, le 20 mars 1869 :
   En soumettant au jugement du public des pages qui déjà peut-être sont jaunies par le temps et que je n'ai même pas sous les yeux, tandis que j'écris ces lignes, je pourrais être tenté de donner quelques explications ; car sept années me séparent du jour ou commença l'impression de ces deux volumes, et il est fâcheux pour un auteur de paraître devant un public « désheuré », comme disait le cardinal de Retz. Mais les circonstances qui ont amené ce long retard sont assez connues ; je n'y reviendrai pas.
   Je n'ai pas fait, je ne ferai pas de préface, n'ayant aucun système nouveau a exposer, aucun désir, aucun droit d'occuper le lecteur de ma personne. L'esprit de parti ne m'a pas inspiré, quand j'ai eu la pensée de profiter de nombreux documents que le bienfait du dernier des Condés avait mis en ma possession, et de raconter la vie de quelques-uns de ses vaillants aïeux ; j'ai essayé de rester fidèle à la devise de Montaigne, et je crois pouvoir répéter après lui : « Cecy est un livre de bonne foy. »
   Aussi, viens-je seulement accomplir un devoir de reconnaissance ; au moment de reprendre le cours d'un travail qu'une sorte de découragement m'avait fait interrompre, je veux saisir la seule occasion où je puisse remercier hautement les illustres avocats qui m'ont remis la plume en main. Fidèles aux glorieuses traditions du barreau français, MM. Hébert et Dufaure ont, par leur talent et leur persévérance, fait une fois de plus triompher la vieille cause : le droit.


Edmond de Goncourt juge le relieur Pierre-Marcellin Lortic :
   « Mais pour moi, – quand il est dans ses bons jours, – Lortic, sans conteste, est le premier des relieurs. C’est le roi de la reliure janséniste, de cette reliure toute nue, où nulle dorure ne distrait l’œil d’une imperfection, d’une bavochure, d’un filet maladroitement poussé, d’une arête mousse, d’un nerf balourd, – de cette reliure où se reconnaît l’habileté d’un relieur ainsi que l’habileté d’un potier dans une porcelaine blanche non décorée. Nul relieur n’a, comme lui, l’art d’écraser une peau, et de faire de sa surface polie la glace fauve qu’il obtient dans le brun d’un maroquin La Vallière ; nul, comme lui, n’a le secret de ces petits nerfs aigus, qu’il détache sur le dos minuscule des mignonnes et suprêmement élégantes plaquettes que lui seul a faites. Lortic est encore sans pair et sans égal pour jeter des fleurs de lis sur le plat d’une reliure, et la reliure de mon Histoire de Marie-Antoinette, où sur le semis d’or ressaute, dans le maroquin rouge, le profil d’argent d’une médaille de la Dauphine, est une reliure qui peut tenir à côté des plus parfaits ouvrages des relieurs anciens. »


Bibliographie :
   - Hauser (Henri), Les sources de l'histoire de France. XVIe siècle (1494-1610), n° 1563.
   - Vicaire (Georges), Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, t. I, col. 153-154.
   - Drujon (Fernand), Catalogue des ouvrages écrits et dessins de toute nature poursuivis, supprimés ou condamnés : depuis le 21 octobre 1814 jusqu'au 31 juillet 1877, p. 196.
   - Goncourt (Edmond de), La maison d'un artiste, t. I, p. 348.



Les deux volumes : 750 euros (code de commande : 25645).


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mardi 20 juin 2017

1617. SURHON (Jacques) — Nobilis Hannoniae Com. Descriptio


SURHON (Jacques).

Nobilis Hannoniae Com. Descriptio, Auctore Iacobo Surhonio Montano.

Gravure extraite de Petri Kaerii Germania Inferior id est, XVII Provinciarum ejus novae et exactae Tabulae Geographicae, cum Luculentis Singularum descriptionibus additis. à Petro Montano, publié à Amsterdam, chez Pieter van den Keere, en 1617.



Dimensions :
   - Dessin : 478 x 367 mm.
   - Cuvette : 483 x 373 mm.
   - Feuille : 540 x 440 mm.


   Les liens avec la carte de Surhon de 1572/79 sont évidents : les dimensions et l'échelle, l'étendue du territoire considéré, l'hydrographie, la forme et la situation des bois, la toponymie, la localisation des moulins et quantité d'autres détails.
   Dans le tracé de la limite du comté, Visscher s'écarte de son modèle en deux endroits : dans le haut Escaut à hauteur de Bouchain et aux abords de Mariembourg.
   Toute la partie inférieure de la carte est plus fournie que sur la carte de Surhon de 1572/1579. On y remarque des emprunts à la carte de Mercator de 1585 : le grand étang au sud de l'abbaye de Fourmies par exemple, et le ruisseau qui, sortant du grand bois au sud de Chimay, disparaît à l'approche de Nismes, ressurgit aussitôt et va se jeter dans le Viroin.
   Après 1622, les planches du recueil furent vendues à C.J. Visscher, qui substitua son nom à celui de Kaerius et modifia la date de 1616 en 1630. Ce furent apparemment les seules retouches apportées au cuivre initial.
   En résumé, nous avons à faire ici à une carte portant la date de 1616, dont la quasi totalité de l'information concernant le Hainaut remonte au levé exécuté par Surhon une quarantaine d'années plus tôt.
   Ces considérations ne doivent pas gâter le plaisir de contempler un bel exemple de carte hollandaise, à la décoration riche et savoureuse, dans une enluminure sans timidité. Il se fait que les panoramas de Mons et de Valenciennes qui y sont intégrés proviennent des gravures que Kaerius avait fournies pour une édition de Guichardin et qui, dans le cas de Mons, s'inspire du panorama de Braun et Hogenberg.


Bibliographie :
   - Lemoine-Isabeau (Claire), Cartes topographiques gravées du Hainaut, dans Images de Mons en Hainaut du XVIe au XIXe siècle, pp. 82-83.






350 euros (code de commande : 24412).


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samedi 17 juin 2017

1983. IBM. The Art of Technology.


IBM. The Art of Technology.

Avertissement par C.A. De Meyer.

Bruxelles, IBM Belgium, 1983.

In-folio sous chemise et étui (355 x 505 mm.), 4 p. et 24 planches en couleurs.

Exemplaire en très bel état de cet ouvrage peu courant.

Avertissement :   La technologie ! Un univers fascinant où le mystère renvoie au quotidien, où la performance s'installe au cœur même de la matière. L'industrie informatique « consomme » aujourd'hui autant de technologie que les autres branches du savoir réunies. Les investissements qu'elle requiert sont énormes.
   Les dépenses annuelles d'IBM en recherche et développement ont dépassé les deux milliards de dollars en 1982, plus du double de ce que notre Compagnie y consacrait il y a huit ans à peine. Dans le monde entier, nos chercheurs traquent l'infiniment petit, raccourcissant à l'extrême le cheminement de l'électricité dans les circuits, organisant son parcours au travers de câblages microscopiques, diffusant l'énergie informatique à l'intérieur de matières nouvelles, installant leurs trouvailles dans un processus industriel rentable et efficace.
   La qualité ne souffre, dans cette démarche, aucun compromis.
   Pour pouvoir concentrer plus de 100.000 éléments, composés eux-mêmes de plusieurs motifs géométriques élémentaires, sur une surface de quelques dizaines de millimètres carrés, la largeur des tracés requiert une précision inférieure au micron. Mais c'est sans doute dans le passage de l'équipement de laboratoire à la production en grande série que la performance revêt sa signification la plus large. IBM a ainsi mis en œuvre l'impression de motifs par faisceaux d'électrons, la gravure en phase gazeuse, l'utilisation de matériaux nouveaux tels que le polysilicium et le contrôle automatique des microplaquettes. Si les modules à dissipation thermique actuels, les fameux TCM, peuvent proposer, sous une forme inférieure à neuf centimètres de côté, autant de circuits logiques qu'un ordinateur 370/148, c'est à cette extraordinaire convergence de techniques que nous le devons. De même pour les milliers de composants qui constituent les ordinateurs, pour les techniques de lecture/écriture des informations, pour les modes de transfert et d'affichage des données, pour les innombrables procédés et applications qui en découlent.
   Mais, par-dessus tout, et c'est là la raison de cet ouvrage, la technologie, si pragmatique soit-elle dans sa démarche, ne laisse pas de fasciner par l'incroyable éventail de formes et de couleurs qu'elle propose. Nous avons laissé nos photographes fixer sur pellicule ce que la technologie pouvait avoir de poétique, de surprenant, d'inhabituel. C'est sans doute un aspect inattendu de la réalité quotidienne de nos usines que nous vous proposons ici mais nous n'avons pas résisté au désir, mille fois exprimé, de pouvoir accrocher à vos cimaises ce qui fait l'intimité de nos machines. La technologie, c'est aussi la beauté.


Planche 4.
Plaques de silicium rangées dans leur nacelle.

90 euros (code de commande : 25644).


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vendredi 16 juin 2017

1787. RAOUX (Adrien-Philippe) - Essai d'un éloge historique de Viglius de Zuichem, d'Aytta.


[AYTTA (Viglius d')].

RAOUX (Adrien-Philippe).

Essai d'un éloge historique de Viglius de Zuichem, d'Aytta, Chef & Président du Conseil Privé aux Pays-Bas, sous les Regnes de Charles V & de Philippe II, Proposé par l'Académie Impériale & Royale des Sciences & Belles-Lettres de Bruxelles, pour Prix d'Eloquence de 1780. Par M. Raoux, Avocat au Conseil souverain de Hainaut.

Bruxelles. 1787.
[Bruxelles. M. DCC. LXXXVII.] 

In-8° sous son brochage d'époque, 39, [1 bl.] p.

Bon exemplaire.

Avertissement de l'auteur :
    L'Académie de Bruxelles n'a trouvé aucun des Éloges envoyés à son concours, digne du prix qu'elle avoit proposé extraordinairement en 1779. Je ne publie celui-ci en 1787, que parce que les circonstances du temps semblent m'y inviter. Les règnes de Philippe II & de Joseph II seront les plus remarquables dans les annales des Pays-Bas ; fasse le Ciel qu'ils n'aient pas des suites également fâcheuses !
   Notre Auguste Souverain s'est déclaré partisan de la Tolérance autant que le Monarque Espagnol l'étoit de l'Inquisition ; puisse-t-il aussi par un même contraste, & pour le repos de nos Provinces, déployer des sentiments de modération & de clémence autant que son Prédécesseur du 16e siecle témoigna de rigueur & d'inflexibilité !
   Je publie cette pièce telle que je la retrouve dans mon porte-feuille ; & comme je me retrouve aussi dans tous les mêmes sentiments que lorsque je lui ai donné l'être en 1780, je ne me suis permis d'y rien changer, pas même d'y ajouter aucune période. Je n'avois à cette époque tout au plus que 22 ans, & la grace que je demande à mes Lecteurs, c'est qu'ils veuillent bien mesurer leur indulgence à la foiblesse de cet âge & de mes talens.


Notice biographique par Théodore Juste :
   Le jeune Viglius, après avoir terminé ses premières études à Deventer et à Leyde, reçut la tonsure cléricale le 19 septembre 1522. Il se rendit bientôt à l’Université de Louvain et y demeura pendant près de quatre ans, se livrant avec ardeur à l’étude du droit. De Louvain il alla à l’Université de Dôle, où il passa trois ans, d’abord comme élève puis comme professeur particulier. Il compléta ses études à Avignon, où il suivit les leçons du célèbre André Alciat, et à Valence, en Dauphiné, où il reçut le bonnet de docteur, le 8 mai 1529. On le trouve ensuite à Bourges, remplaçant Alciat dans la chaire confiée à ce professeur eminent, et travaillant à son premier ouvrage, intitulé : De Institutione jurisconsulti. Enfin, en 1531, il passe les monts et obtient la chaire des Institutes à l’Université de Padoue. Ce ne fut pas pour longtemps, car il ne tarda point à être nommé official de François de Waldeck, prince-évêque de Munster. Après la défaite des anabaptistes, qui s’étaient rendus maîtres de cette ville, Viglius quitta François de Waldeck et accepta de l’électeur de Bavière, avec le titre de conseiller, la chaire de droit à l’Université d’Ingolstadt. Mais le moment était venu où il allait mettre au service de sa patrie sa grande intelligence et sa science profonde. Depuis longtemps le gouvernement des Pays-Bas cherchait à s’attacher le jurisconsulte que se disputaient les princes de l’Allemagne. En 1541, par l’intervention de Marie de Hongrie, Viglius fut nommé membre du conseil privé. On l’employa tout aussitôt dans une négociation épineuse avec le duc de Clèves, qui disputait à Charles-Quint le duché de Gueldre et le comté de Zutphen. Deux voyages à Nuremberg n’ayant eu aucun résultat, Viglius défendit, dans un écrit apologétique, les droits de l’Empereur, justifiant ainsi les efforts de Charles-Quint pour compléter, par l’annexion de la Gueldre et de Zutphen, la réunion des dix-sept provinces qui formèrent désormais les Pays-Bas. Viglius préférant une retraite studieuse à la carrière diplomatique, sollicita bientôt (1543) et obtint son agrégation au grand conseil de Malines. Mais Charles-Quint ne tarda point à le rappeler à la cour et voulut qu’il l’accompagnât à la diète de Spire. Avant d’entreprendre ce nouveau voyage, Viglius épousa, à Malines, Jacqueline Damant, dont le père était conseiller et trésorier de l’Empereur. Nous le trouvons, l’année suivante, à la diète de Spire (1544), où il fut le principal négociateur du traité d’alliance conclu entre Charles-Quint et le roi de Danemark. Sa participation à la diète de Worms ne fut pas moins active, soit qu’il s’efforçât d’aplanir les différends survenus dans la famille impériale, soit qu’il intervînt dans les délibérations que nécessitait l’attitude menaçante des protestants d’Allemagne, naguère ligués à Smalkade. Charles-Quint, ayant triomphé des confédérés, réunit (1548) une nouvelle diète à Augsbourg, où Viglius fut de nouveau appelé pour donner un avis sur les grandes questions soulevées par l’Empèreur victorieux. Il avait obtenu précédemment la charge de conservateur des archives de la Flandre, qui étaient déposées dans la forteresse de Rupelmonde. Mais Charles-Quint lui réservait une récompense plus éclatante. En 1549, il fut élevé à la dignité de président du conseil privé et de garde des sceaux. Le nouveau président accompagna, dans les différentes provinces des Pays-Bas, le prince Philippe, lorsque, pour se conformer au désir de son père, il se fit inaugurer comme héritier présomptif. Viglius, dit-on, prit la plus grande part à la rédaction du fameux édit par lequel Charles-Quint voulut, en 1550, arrêter les progrès toujours croissants de la réforme dans les Pays-Bas. Mais si Viglius était l’inflexible défenseur des principes dont s’autorisait l’Empereur pour vouer au fer et au feu les adversaires du catholicisme, il admettait toutefois quelques tempéraments dans l’exécution. C’est ainsi qu’il s’efforça d’exempter de la proscription les négociants étrangers dont la présence contribuait tant à la splendeur d’Anvers. « J’ai travaillé de tout mon pouvoir, écrivit-il lui-même, à faire adoucir les articles qui avaient besoin d’être mitigés. »
   Viglius, qui avait été également élevé à la présidence du conseil d’État, voulut terminer sa carrière le jour où Charles-Quint abdiqua la souveraineté des Pays-Bas. Il avait, en conséquence, demandé la démission de ses différents emplois. Mais les sollicitations de Marie de Hongrie et les exhortations de Charles-Quint lui-même modifièrent sa première résolution. Il consentit à servir Philippe II. Depuis 1552, il avait perdu Jacqueline Damant, sa femme, et, n’ayant point d’enfants, il voulut, en prenant les ordres sacrés, réaliser un dessein qu’il avait formé dans sa jeunesse. Il avait, du reste, la certitude d’obtenir par là une position éminemment lucrative, celle de coadjuteur ou de successeur désigné de Luc Munich, dernier abbé de Saint-Bavon et premier prévôt de la collégiale qui avait remplacé cette abbaye. En 1556, Viglius obtint à cet effet l’assentiment de Philippe II, mais à la condition de ne point abandonner le service du souverain. Cette autorisation lui fut accordée par le saint-siége, lorsque, en 1562, après la mort de Luc Munich, Viglius eut pris possession de la prévôté et reçu les ordres majeurs des mains de Granvelle, archevêque de Malines. Prévôt de Saint-Bavon, président du conseil privé et du conseil d’État, maître des requêtes en Hollande, etc., Viglius fut encore investi des importantes fonctions de chancelier de l’ordre de la Toison d’or. Il n’avait donc rien perdu de la haute faveur dont il jouissait sous le règne de Charles-Quint. En effet, Philippe II, lorsqu’il s’éloigna des Pays-Bas, l’avait placé, avec Granvelle et le comte de Berlaymont, dans le comité secret ou consulte qui devait diriger et surveiller Marguerite de Parme, nommée gouvernante générale. Mais bientôt l’influence occulte de cette consulte indisposa les autres membres du conseil d’État et contribua à la formation du parti national à la tête duquel se placèrent Guillaume d’Orange, ainsi que les comtes d’Egmont et de Hornes. Le Taciturne allait triompher : Granvelle reçut l’ordre secret de sortir des Pays-Bas. Alors une nouvelle lutte s’engagea entre les trois seigneurs ligués et les cardinalistes, c’est-à-dire les anciens amis de Granvelle, lutte tantôt sourde et tantôt ouverte, dans laquelle Viglius montra de l’habileté, mais qui était au-dessus de ses forces. La fermeté et l’énergie n’étaient point les qualités dominantes du célèbre président : c’était plutôt un politique méticuleux, un homme timide qui courbait la tête sous la tempête et qui rusait avec les événements. Après avoir d’abord accueilli avec faveur le choix du duc d’Albe comme successeur de Marguerite de Parme, il eut soin de ne point se compromettre : aussi se gardait-il de coopérer aux actes les plus tyranniques du nouveau gouverneur. Il refusa de siéger au conseil des troubles. Il protesta contre l’établissement du dixième denier. D’un autre côté, il alléguait sans cesse son grand âge et sa mauvaise santé pour obtenir la démission de ses emplois. Enfin, en 1569, Philippe II nomma Charles de Tysnacq chef et président du conseil privé, mais il retint Viglius en la charge de président du conseil d’État.
   Sous l’orageuse administration du grand commandeur Requesens, successeur du duc d’Albe, Viglius tâcha de s’effacer autant que possible. Mais Requesens étant mort presque soudainement, le conseil d’État dut prendre les rênes du gouvernement. Or Viglius fut loin, en ces conjonctures, de seconder le mouvement national qui avait pour but d’affranchir les Pays-Bas de la tyrannie espagnole. Dans le conseil d’État, il fit partie de la minorité ultra royaliste et refusa en conséquence de sanctionner la proscription ou mise hors la loi des vieilles bandes du duc d’Albe, qui s’étaient insurgées et qui, après avoir échoué dans leurs tentatives contre Bruxelles, venaient d’emporter Alost d’assaut. Accusé de trahison, Viglius fut arrêté, le 4 septembre 1576, avec les comtes de Mansfeldt et de Berlaymont, conduit sur la Grand’Place, et emprisonné dans l’édifice où les comtes d’Egmont et de Hornes avaient passé leur dernière nuit. Le sort de Viglius et de ses deux collègues fut moins tragique. Viglius avait recouvré sa liberté lorsque don Juan d’Autriche, après s’être accordé avec les états généraux, fit son entrée solennelle à Bruxelles. Le vieux conseiller de Charles-Quint et de Philippe II montrait d’ailleurs peu de confiance dans le vainqueur de Lépante et prédisait de nouveaux orages. Il ne les vit point, car il mourut à Bruxelles, le 8 mai 1577, sept jours après l’installation de don Juan. Le 14 mars précédent, Viglius, âgé de soixante et dix ans, avait dicté un volumineux testament dans lequel il exprimait formellement le vœu d’être inhumé dans l’église de Saint-Bavon, à Gand. Ce vœu fut accompli par ses exécuteurs testamentaires. Viglius trouva le repos éternel dans la crypte de la célèbre cathédrale. Il avait été constamment fidèle à sa devise : Vita mortalium vigilia. Peu d’hommes ont marqué leur vie par des veilles plus laborieuses. La liste des ouvrages ou élucubrations de Viglius remplit trois pages des Analectes de Hoynck Van Papendrecht, qui a, du reste, consacré un volume tout entier à cet homme eminent. Mais pour qui veut bien connaître Viglius, mieux vaut lire sa correspondance que des ébauches souvent indigestes.


Bibliographie :
   - Juste (Théodore), Aytta, Viglius D', dans Biographie nationale de Belgique, tome I, col. 590-594.


45 euros (code de commande : 25639).


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jeudi 15 juin 2017

1994. SICARD (Michel) & MIOTTE (Jean) — Près des murs. Bei den Mauern.


SICARD (Michel).

Près des murs. Bei den Mauern.

Illustrations de Jean Miotte.

Poèmes inédits traduits en allemand par Ingrid Ernst.

Paris - Berlin, 1994.

In-folio (352 x 524 mm.) sous chemise et étui d'éditeur, [24] p., édition bilingue (français - allemand), 4 eaux-fortes originales en couleurs, tirage limité à 60 exemplaires numérotés sur Arches (n° 9) signés par l'auteur et l'artiste, en parfait état.



  





600 euros (code de commande : 25643).


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mardi 13 juin 2017

1923. BAZIN (René) - Charles de Foucauld.



BAZIN (René).

Charles de Foucauld. Explorateur du Maroc, ermite au Sahara. 

Paris, Plon, 1923.

In-8° demi-maroquin beige à coins, dos à 5 nerfs orné de fers dorés formant des caissons décorés de motifs mosaïqués (vert et rouge), filets-doubles dorés sur les plats, tête dorée, couverture conservée (reliure de Charles de Samblanx), 478 p., un portrait, un fac-similé d'autographe à déplier et une carte à déplier, exemplaire sur papier de fil, en très bel état.


Table des matières :
   Chapitre I : Jeunesse.
   Chapitre II : Les préliminaires du voyage.
      1. Le déguisement et les premiers pas.
      2. Histoire de Mardochée Abi Serour.
   Chapitre III : L'explorateur.
   Chapitre IV : La conversion.
   Chapitre V : Le trappiste.
   Chapitre VI : Nazareth et Jérusalem.
   Chapitre VII : Charles de Foucauld, prêtre.
   Chapitre VIII : Beni-Abbès.
   Chapitre IX : Les tournées d'apprivoisement.
   Chapitre X : L'établissement au Hoggar.
   Chapitre XI : Poésies et proverbes.
   Chapitre XII : Tamanrasset.




À propos du relieur, par Hector Dubois d'Enghien :
   Charles-Philippe De Samblanx (Bruxelles 1855-1943) fit son premier apprentissage chez le relieur Coppens, où il entra à l'âge de onze ans. Il passa bientôt chez Pierre Eenhaes, puis chez J: Dubois d'Enghien, qui l'employa de 1873 à 1876. Au sortir de cet atelier, il alla s'engager chez Josse Schavye ; mais après quelques mois, en 1877, il tenta de s'établir à son compte. Sa tentative ayant échoué, il rentra chez Schavye en qualité de pre­mier ouvrier. Cinq ans plus tard, il s'établit à nouveau, et cette fois définitivement, cela, paraît-il, grâce aux encouragements et à l'aide de l'un de ses premiers clients, le ministre catholique Van den Peereboom. Il alla s'installer rue de Cologne, et les premières reliures qu'il signa portent cette adresse.
   Dès ses débuts, en 1882, il fit la connaissance de Jacques Weckesser, sujet suisse, encore novice dans le métier, mais bon dessinateur et fort zélé pour l'apprentissage de la dorure. En 1883, il épousa une cousine germaine de ce dernier, et devint ainsi le cousin par alliance de Weckesser, avec qui il s'associa.
   De Samblanx demeura cependant seul titulaire de la firme jus­qu'en 1889, date du décès de sa première femme. A partir de cette date, et jusqu'à la fin de l'association, en 1909, les reliures furent signées De Samblanx-Weckesser.
En 1890, les associés, surnommés les cousins siamois, tant leur union était étroite, avaient déjà signé de concert d'importantes reliures doublées qui avaient passé aux États-Unis d'Amérique. De Samblanx en avait d'ailleurs signé seul, antérieurement, quelques-unes qui avaient suivi le même chemin. L'on peut s'en assurer en parcourant la liste des reliures exposées en 1890-91 au Grolier Club de New-York. Sur neuf reliures exposées, dont plusieurs doublées et mosaïquées, quatre sont signées De Samblanx, et cinq De Samblanx et Weckesser. Après 1909, De Samblanx signe naturellement seul ses reliures ; il les data fréquemment à partir de 1914.
   Vers 1937, il transféra son atelier, de la rue Ducale, 93, où il rési­dait depuis 1892, au 56 de la rue du Marteau, à Saint-Josse-ten-Noode ; et c'est dans cette maison qu'il termina ses jours le 5 décembre 1943.
   Avant son association, il faisait faire la dorure sur cuir au dehors, probablement chez J. Eenhaes, le frère de son ancien patron, peut-être à Paris pour certains travaux exceptionnels. 
Je tiens de tradition orale que le premier doreur qu'il eut chez lui à son service fut un certain André.
Pendant toute la durée de l'association, c'est à Weckesser qu'incomba la partie ornementale des reliures. Bien que venu tard au métier, Weckesser fit montre d'un réel talent de doreur ; il possédait quelques notions d'archéologie, d'art et de littérature, dessinait agréablement et composait ses décors au goût du jour, avec élégance et ingéniosité.
De Samblanx, au cours de sa carrière, se constitua un matériel de dorure de premier ordre, particulièrement riche en fers romantiques, tant pour le travail à la main que pour le balancier. Il nous apprend lui-même qu'il s'appropria une partie des fers de Bisez. Quant au matériel des Schavye, il en fit l'acquisition d'abord en détail, au fur et à mesure que Coosemans, successeur de J. Schavye, avait besoin d'argent – besoin fréquent chez lui –, puis, en 1910, à la mort de Coosemans, par l'achat du reste en un lot. On sait que par la suite De Samblanx revendit ce matériel historique à M. Raoul Warocqué, qui le fit exposer en bonne place dans sa bibliothèque du Château de Mariemont. Animé par la louable ambition d'occuper une toute première place dans sa profession, il sut toujours consentir tous les sacrifices nécessaires pour enrichir sa collection de fers et la tenir à jour.
En marge de son métier de relieur il s'appliquait avec succès à des opérations de librairie ancienne. Doué de flair et d'une excellente mémoire, il avait acquis très tôt de sérieuses connaissances en bibliophilie ; sa compétence en ce qui concerne la reliure ancienne faisait loi. Ses bons clients, tant belges qu'étrangers, le déléguèrent souvent à de grandes ventes de livres, où on le vit parfois porteur de commissions sensationnelles. Il participa à l'élaboration de plusieurs catalogues de ventes célèbres, notamment des bibliothèques Eugène von Wassermann, en 1921, et Hector de Backer, en 1926-1928.
 Patron, il sut toujours tirer de son personnel tout le parti possible. Il savait découvrir les bons éléments et se les attacher.
Entre 1907 et 1920 il occupait en moyenne une dizaine d'ouvriers, chiffre qui atteignit parfois la quinzaine. 
Durant son association avec Weckesser, celui-ci se chargeait du dessin des reliures et de la direction des doreurs ; il s'occupait en plus de la comptabilité et en partie des relations avec la clientèle. Bien entendu, quand ces soins nombreux lui laissaient du loisir, il s'appliquait lui-même à la dorure. Il eut sous ses ordres un doreur français nommé Guérin et un bruxellois : André Praet, dit Jef. Edmond Dooms commença son apprentissage de doreur sous sa conduite en 1907, et le poursuivit plus tard sous celle de Van den Heuvel. Les principaux ouvriers relieurs étaient alors Van Kraenenbroek, un ancien de chez Schavye, habile apprêteur et restaurateur, Verlay, dit l'Américain, Dierickx, qui faisait le corps d'ouvrage, puis Seebold qui avait travaillé chez J. Dubois d'Enghien. Il y avait aussi un Français dont j'ignore le nom, lequel, comme Seebold, faisait la couvrure. Plusieurs demi-ouvriers et apprentis complétaient les effectifs, avec Louise De Backer, couseuse et tranchefileuse.
   Après le départ de Weckesser, De Samblanx engagea un nouveau doreur français, Gaston Pilon, et bientôt Van den Heuvel rentra comme premier doreur à l'atelier où il avait déjà travaillé antérieurement. C'est vers la même époque que Jean Rifflart, l'un des fils du doreur sur tranches, fut engagé comme couvreur, emploi qu'il avait occupé chez Claessens. Eugène Hotat avait, lui aussi, fait un stage chez De Samblanx avant de s'établir vers 1890.
   Van den Heuvel, de nationalité hollandaise, avait travaillé en dernier lieu chez P. Claessens. C'était un excellent doreur à la main, sachant à l'occasion se servir très habilement du balancier. Bon nombre des pastiches de reliures romantiques signés De Samblanx, lui doivent l'éclat et l'aplomb de la dorure et la belle exécution des mosaïques.
   Après le départ de Weckesser, De Samblanx fit appel, pour ses dessins de reliures, au talent de sa fille Germaine, aujourd'hui Mme Mollard. Il s'entendait aussi directement avec ses doreurs, surtout pour les reliures de style. Il s'adressait parfois, pour certaines compositions, à des dessinateurs professionnels, entre autres à un Français nommé Graverol, qui lui faisait également des travaux de calligraphie.
   La dorure sur tranches s'exécutait en général chez Rifflart, à Bruxelles ; les tranches dorées sur témoins se faisaient chez Koch, à Paris.
   Lorsque la direction de l'atelier et ses occupations accessoires le lui permettaient, De Samblanx aimait à mettre la main à la besogne. Il se servait avec dextérité de la presse à rogner, il était bon pareur, et couvrait de temps à autre quelque pleine reliure ; il se réservait aussi le lavage. Dans la suite, et jusqu'en 1920, Edmond Dooms, élevé à son école, lui rendit de multiples services : il s'appliquait en particulier à la restauration des reliures anciennes et à la réalisation des pastiches de reliures monastiques.
   De Samblanx, comme tous ses confrères, subit les contre-coups des événements de 1914-1918 et des crises économiques et sociales qui suivirent.
   En 1935 il n'avait plus à demeure dans son atelier de la rue Ducale que Van den Heuvel et le surnommé Jef, vieilli et réduit à l'office de factotum. La reliure proprement dite s'effectuait au dehors, soit chez Verlay, soit chez Georges Dubois d'Enghien, le petit-fils de l'ancien patron de De Samblanx, nouvellement établi à Bruxelles. Bientôt même Van den Heuvel déserta, lui aussi, l'atelier pour s'établir doreur spécialisé.
   Le vieux maître, malgré les infirmités de l'âge, gardait toujours son esprit lucide et alerte. Il avait dûment acquis le droit de se reposer sur ses lauriers. Il avait su conquérir, parmi ses confrères belges, la place prépondérante qu'il ambitionnait. Vivant désormais sur sa réputation, il ne faisait plus guère de reliures importantes qu'à des fins solennelles: adresses à de grands personnages, etc. Sa renommée avait franchi les frontières. Les bibliophiles étrangers s'étaient accoutumés à voir figurer dans les catalogues, à côté des noms de leurs grands relieurs, celui de De Samblanx, et, à l'occasion de l'Exposition Inter-nationale de 1935, le Gouvernement français lui décerna la Croix de la Légion d'honneur.
   Son œuvre, extrêmement abondant et varié, offrait dans tous les genres des spécimens remarquables. Il avait contribué, pour une large part, à maintenir dans notre pays l'art de la reliure au niveau élevé où l'avaient porté nos bons relieurs des périodes romantique et Second Empire.
   Dans le domaine pratique, je veux dire pécuniaire, il avait aussi, selon toute apparence, mieux réussi que la plupart de ses confrères.
   C'est qu'il joignait, à une grande et légitime ambition, l'art de bien conduire ses affaires. C'était un habile homme, qui savait à propos se servir de la parole ou garder le silence. Il avait l'art de conformer son langage et son comportement aux opinions des personnes dont il voulait gagner ou conserver la sympathie.
   Il aimait fort son métier et s'appliqua constamment à en étudier le passé. Il avait, à cet effet, réuni une intéressante collection de reliures anciennes de toutes les époques, et plus spécialement d'origine belge. Il l'exposa, en même temps qu'une abondante collection d'ouvrages consacrés à la reliure, au Musée du Livre en avril 1916, y joignant des commentaires et un beau choix de ses propres œuvres.
   En 1912 il avait fait à la Société des Bibliophiles belges une communication qui fut imprimée dans l'Annuaire de cette société sous le titre Notes sur quelques relieurs du XIXe siècle. Contribution à l'étude de la reliure en Belgique. Le 17 janvier 1915, à l'assemblée générale de la même société, il se fit entendre à nouveau, annonçant cette fois son intention d'écrire une histoire de la reliure en Belgique, projet qu'il ne put malheureusement réaliser. Il terminait sa communication par ces mots : « Pour finir, Messieurs, laissez-moi vous soumettre, avec toute l'émotion d'un cœur patriotique, la reproduction d'un dessin appartenant à M. Hippert, représentant le grand relieur Schavye en défenseur de la patrie sur la place des Martyrs devant la première croix qu'il fit lui-même placer à la mémoire des héros morts pour notre liberté et notre indépendance. »
   En cette même année 1915, aux sombres heures de l'occupation allemande, il organisa, au local de la Société des Bibliophiles, une exposition de portraits et de documents intéressant la famille royale. Cette exposition, très réussie, « suscite un très vif intérêt chez les membres présents qui en emportent, dans les circonstances actuelles, une impression émouvante », déclare le rapporteur, qui termine en louant « l'obligeance de M. De Samblanx, qui est vraiment inépuisable. ».
   Son attitude patriotique durant la grande guerre l'avait introduit plus intimement dans la société de ses clients de marque. Elle le mit en rapport avec de hautes personnalités étrangères. Parmi celles-ci se trouvait M. Brand Withlock, ministre des États-Unis, qui le cita dans ses mémoires et contribua ainsi à faire passer à la postérité le nom du grand relieur bruxellois.
   De Samblanx termina sa longue et glorieuse carrière de relieur d'une façon touchante et exemplaire. Voici en quels termes sa mort me fut relatée par une lettre que m'adressait le 9 décembre 1943, un libraire bruxellois : « Vous aurez sans doute appris la mort de votre confrère De Samblanx. Il s'est brusquement éteint dimanche au cours d'une petite fête que son fils donnait pour célébrer son anniversaire. Il avait en effet atteint l'âge de quatre-vingt-huit ans dimanche. Son fils lui avait acheté un beau livre relié par lui, à la vente que j'ai dirigée samedi. Il paraît qu'il est mort tenant ce livre dans ses mains. C'est en tout cas un des meilleurs relieurs belges qui disparaît, et un brave et sympathique artisan. Il aimait infiniment son métier et s'y consacrait tout entier. »
   Il avait participé avec succès à de nombreuses expositions, tant en Belgique qu'à l'étranger. En 1910, à l'Exposition Internationale de Bruxelles, qui se termina si tragiquement, et où tout son convoi périt dans les flammes, il obtint la plus haute distinction, le Diplôme d'honneur. En Belgique, il fut décoré de l'Ordre de Léopold, dont il était Chevalier; en France il reçut les Palmes académiques et, en 1935, comme nous l'avons dit déjà, il obtint la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur.


Bibliographie :
   - Dubois d'Enghien (Hector), La reliure en Belgique au dix-neuvième siècle, pp. 147-152.
  
200 euros (code de commande : 18000).


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vendredi 9 juin 2017

1630. MERCATOR (Gérard) - Hannonia Namurcum Comitatus.


MERCATOR (Gérard).

Hannonia Namurcum Comitatus.

Gravure aquarellée extraite de Gerardi Mercatoris Atlas, sive Cosmographicae meditationes de fabrica mundi et fabricati figura..., publié à Amsterdam, chez Hondius, en 1630.

Restauration ancienne à la partie supérieure du pli central et petites déchirures dans les marges sans dommage pour la carte.



Dimensions :
   - Dessin : 467 x 350 mm.
   - Cuvette : 471 x 354 mm.
   - Feuille : 560 x 465 mm.

   De Duisburg, en Allemagne, où il s'était installé après avoir été arrêté pour hérésie en Flandre, Mercator suivait de près l'actualité anversoise. Ortelius lui expédia un tirage de la carte du Hainaut par Surhon dès mai 1572, quelques semaines après qu'il lui ait été interdit de la publier. Les années passèrent. En 1585, Mercator fit paraître sa carte du comté de Hainaut. On peut se demander quels sont ses liens avec celle de Surhon, dont le nom n'y est pas cité.
   Mercator représente non seulement le Hainaut et le Cambrésis, mais également le comté de Namur. Pour inclure un territoire plus vaste tout en respectant le format de son atlas, il fut amené à réduire l'échelle et à apporter des simplifications.
   La taille des lettres fut réduite. Un simple cercle dépourvu d'ornements fut utilisé pour situer les localités. Il semble que ces repères étaient gravés sur le cuivre avant que celui-ci ne soit confié au graveur de lettres, car un certain nombre de cercles n'est pas accompagné de toponyme, par manque de place sans doute. Une petite croix y est ajoutée pour localiser les abbayes. Les bois occupent naturellement beaucoup d'espace : il fallut sabrer. Ceux de Senzeilles et de Mariemont, par exemple, manquent.
   La limite du Hainaut est semblable à celle qu'indique la carte de Surhon de 1572/1579, sauf en deux endroits. En premier lieu, en amont de Tournai, elle longe tout simplement l'Escaut. En second lieu, à hauteur de Mariembourg, une décision a été prise. Selon Mercator, la place ne fait pas partie du Hainaut mais relève du « diocèse de Liège », de même que Philippeville, fondée quelques années plus tard. Liège étant traditionnellement favorable à la France, une menace sur le Hainaut prenait forme. Le danger se précisa plus tard. Par contre, plus au sud, le comté de Hainaut atteint ici les rives de la Meuse entre Revin et Fumay. Cette situation stratégique permettait de bloquer éventuellement une incursion française par la Meuse et de protéger Namur.
   Certaines informations géographiques diffèrent. Des toponymes ont été corrigés ou adaptés, comme Faignock, remplacé par Fagnoeulle, au nord-est de Mariembourg ; Petitengh, devenu Littel Enghien ; mais Levaucan (actuellement Quevaucamps) reste inchangé.
   Il semble donc que le point de départ de Mercator fut la carte de Surhon et qu'il la repensa. Son apport étant réel, aucune allusion n'est faite au cartographe montois, ni à son fils Jean, auteur de la carte du Namurois. Ce qui nous manque, ce sont les armoiries du Hainaut et sa si jolie devise qui fleure la liberté : tenu de Dieu et du soleil. Celles du comté de Namur sont également absentes.

Bibliographie :
   - Lemoine-Isabeau (Claire), Cartes topographiques gravées du Hainaut, dans Images de Mons en Hainaut du XVIe au XIXe siècle, pp. 76-77.


200 euros (code de commande : 24406).


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jeudi 8 juin 2017

1840. SAINT-GENOIS (Jules de) - Le faux Baudouin.


SAINT-GENOIS (Jules de).

Le faux Baudouin (Flandre et Hainaut) 1225.
Tomes I et II (complet).

Bruxelles-Gand, 1840.
[Bruxelles / Librairie Polytechnique. / Rue de la Madelaine, 9. / Gand, / Librairie Générale, / Rue aux Marjolaines, 24. / 1840]


Deux volumes sous demi-basane (frottée) chagrinée, dos à 5 nerfs orné de caissons dorés, VIII, 298 p., 296 p., le papier marbré des contre-gardes et de la couverture a été renouvelé.

Exemplaire dédicacé par l'auteur qui précise au verso de la page de faux titre : « N° 1 des 6 exemplaires tirés sur papier de couleur » (jaune pour celui-ci), ex-dono d'Alphonse Gosseries à Émile Hublard sur la page de garde, très bon exemplaire, très rare.

Extrait de l'introduction :
   L'événement que nous avons pris pour sujet de cette publication, est un des plus bizarres, des plus mystérieux de ce moyen-âge, où cependant ne manquent pas les choses singulières. L'histoire du Faux Baudouin est en quelque sorte faite exprès pour le roman historique. Peu de légendes sont aussi populaires, aussi connues et pourtant aussi entourées de particularités contradictoires. L'ermite de Glançon était un imposteur, nous en sommes profondément convaincu, mais tout en enlevant à cet étrange personnage le prestige dont les amateurs du merveilleux l'ont affublé, il reste encore un intérêt immense qui se rattache à cet épisode des annales de la Flandre. Nous verrons que le nom de Bertrand de Rains servit de manteau aux ramifications hardies d'une révolution, qui menaçait non-seulement la comtesse Jeanne, mais encore le royaume de France tout entier. L'imposture de cet homme n'est pas, comme on l'a pensé jusqu'ici, une simple révolte, résultat d'une ambition individuelle, un fait isolé et audacieux, jeté sous les pas de Jeanne de Flandre pour enrayer la marche de son pouvoir.   Aussi concevons-nous très-bien que l'ermite de Glançon, regardé comme un aventurier ordinaire, comme un homme agissant dans un intérêt personnel, ait été reconnu pour Baudouin IX par ceux qui ignoraient la révolution qui se préparait. Mais en étudiant davantage cette époque obscure, il y a une foule de particularités qui se lient, qui s'agencent, qui s'engrainent les unes dans les autres, et le personnage qu'on a d'abord rencontré isolément, finit par s'identifier si bien avec tous ceux qui le font agir et mouvoir, qu'il est impossible de tracer une ligne de séparation entre eux.
   Si donc sous le rapport du dramatique, de l'effet, des situations horripilantes, il semble, au premier aspect, jaillir moins d'intérêt de la version que nous avons adoptée, le tableau des véritables causes qui amenèrent la révolution momentanée de 1225 est cependant, à notre avis, assez propre à exciter la curiosité du lecteur.


200 euros (code de commande : 24955).


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